Les altérités du bouclier canadien : premier bilan d’une campagne de reconnaissance
RÉSUMÉ Une campagne de reconnaissance des altérites du bouclier Laurentidien dans deux régions, les Laurentides au nord de Montréal et Charlevoix, a permis de dégager, entre autres, une logique de distribution des altérites, tributaire de plusieurs paramètres clés. Une cinquantaine de coupes ont été étudiées, étude certes descriptive et sommaire, qui sera complétée sous peu par les résultats d'une série d'analyses. Parmi ces paramètres figure, d'une part, la lithologie. Les calcaires silicates et les marbres comptent parmi les ensembles le plus souvent altérés, puis les paragneiss et métagabbro riches en grenats, les gneiss charnockitiques et les mangérites. À l'autre extrémité de l'échelle d'altérabilité, signalons les pegmatites. Entre ces deux extrêmes se situent les migmatites et granitogneiss, les granites, les monzonites à quartz, les gabbros gneissiques. Un autre paramètre doit être considéré; la situation morphologique de la coupe et sa position sur le versant, en situant ces dernières relativement au cheminement des glaciers pleistocenes. Parmi les sites les plus favorables à la conservation des altérites, on trouve les cols placés à l'écart des courants principaux de glace, les positions d'abri, le tiers inférieur des pentes ou position d'angle mort, etc. Enfin, on ne peut négliger, en changeant d'échelle, le rôle des microsites: il faut considérer la position des altérites à l'intérieur même des coupes, dans le détail du dispositif structural et morpho-structural.