scholarly journals Les droits des usagers de services en santé mentale : Le noeud étroit du pouvoir, de la loi et de l’éthique

2007 ◽  
Vol 23 (2) ◽  
pp. 212-224 ◽  
Author(s):  
Michael McCubbin ◽  
David Cohen

RÉSUMÉ Depuis un quart de siècle, au Québec comme ailleurs en Occident, les patients psychiatriques sont devenus des « usagers » ou des « consommateurs », et des mesures législatives et administratives se sont développées présumément pour que ce changement ne soit pas purement symbolique. Cet article suggère que pour les usagers qui en ont le plus besoin, les « droits » restent aussi symboliques que le changement de terminologie. Les droits donnés par la loi sont sans substance si ceux à qui elle les accorde n'ont pas les moyens de les exercer. Une préoccupation pour les droits des usagers doit se pencher inévitablement sur le manque de pouvoir subi par les usagers à l'intérieur du système de santé mentale et du système juridique. Le manque de recherches dans ce domaine est évident. Il est impératif et urgent de se pencher sur la manière dont les droits sont vécus par les usagers.

2014 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 159-173 ◽  
Author(s):  
Jean-Pierre Bonin ◽  
Gabrielle Chicoine ◽  
Hélène Fradet ◽  
Caroline Larue ◽  
Hélène Racine ◽  
...  

Cet article vise à résumer l’état des lieux quant au rôle des familles de personnes atteintes de troubles mentaux au sein du système de santé mentale au Québec. À cet effet, un rappel historique permet de mettre en perspective les différents rôles occupés par les familles, d’agent causal, tant au point de vue de la générique que des émotions exprimées, à prestataire de soins qui peut vivre du fardeau et finalement partenaire. Un modèle élaboré par la FFAPAMM et qui identifie trois rôles principaux permet de contextualiser le rôle actuel dans le système. Ce modèle, intitulé CAP, regroupe et décrit trois rôles des familles qui, s’ils sont tributaires du passé, continuent de se côtoyer à notre époque : celui de client, d’accompagnateur et finalement de partenaire. Des recommandations provenant d’un projet de recherche québécois et d’un rapport de la Commission de santé mentale du Canada permettront d’envisager un avenir où les besoins et les aspirations des familles seront pris en compte.


2007 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 16-36 ◽  
Author(s):  
Marie-Josée Fleury ◽  
Youcef Ouadahi

Résumé Les réseaux intégrés de services sont présentés comme l'une des principales voies de solutions pour accroître l'efficience, la pertinence et la cohérence du système de santé dans le contexte actuel d'augmentation de la demande et de contraintes budgétaires. Dans le domaine de la santé mentale, l'intégration s'inscrit aussi dans une tentative de répondre aux besoins multiples de la population cible, plus spécifiquement les personnes souffrant de troubles mentaux graves. Cet article décrit les balises du concept de réseau intégré de services en santé mentale, les principales stratégies qui en favorisent le développement et les modèles de régulation qui permettent leur élaboration. L'article aborde aussi les difficultés et les enjeux de ce mode d'organisation et plus particulièrement les défis liés à l'implantation de changement et de transformation des systèmes.


2009 ◽  
Vol 34 (1) ◽  
pp. 35-53 ◽  
Author(s):  
Catherine Vallée ◽  
Léo-Roch Poirier ◽  
Denise Aubé ◽  
Louise Fournier ◽  
Malijaï Caulet ◽  
...  

Résumé Depuis 2005, le Plan d’action en santé mentale oriente le développement et l’organisation des services en santé mentale au Québec. En conjonction avec d’autres réformes modifiant l’économie générale du système de santé, il vise en particulier à favoriser une réponse adéquate aux troubles mentaux courants. Cette préoccupation appelle une transformation de l’offre de services en première ligne. Une analyse de différents contextes dans lesquels opèrent ces changements permet une réflexion sur les principaux facteurs susceptibles d’influencer l’actualisation de certaines propositions du Plan d’action et sur l’évolution des modes de collaboration, un pré requis à la mise en place des réseaux locaux de services.


2008 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 77-93 ◽  
Author(s):  
Deena White ◽  
Céline Mercier ◽  
Henri Dorvil ◽  
Lili Juteau

Résumé Un aspect majeur des récentes politiques québécoises concernant le système de santé, et le système de santé mentale en particulier, réside dans l'encouragement à la « concertation » entre partenaires : établissements du réseau, organismes communautaires, personnes dispensant des soins sur une base formelle et informelle, et bénéficiaires. Mais concertation pour quoi faire ? À partir d'une recherche exploratoire dans trois sous-régions de Montréal, nous décrivons et analysons différentes pratiques de concertation mises en oeuvre par les intervenants sur le terrain. Nous faisons l'hypothèse que les pratiques dans chacune des trois sous-régions révèlent une cohérence propre et des caractéristiques distinctives, selon la configuration des ressources de la sous-région, mais aussi selon le modèle de concertation envisagé par les « partenaires » dominants dans la sous-région. Or, nous avons identifié trois modèles de concertation.


2015 ◽  
Vol 40 (1) ◽  
pp. 119-134
Author(s):  
Anne-Lise Lierville ◽  
Christine Grou ◽  
Jean-François Pelletier

La participation des usagers des services au profit de l’amélioration de la qualité du système a été érigée en priorité par le Plan d’action en santé mentale de 2005. Dans ce cadre, l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal a développé des dispositifs innovants autour du principe de pleine citoyenneté, grâce aux patients partenaires et aux pairs aidants.Cet article a pour objectif d’interroger, d’un point de vue éthique, à la fois ces pratiques en tant que telles mais également leurs encadrement et accompagnement institutionnels. Cette étude a été réalisée au moyen d’une revue de la documentation scientifique, d’un examen des dispositifs institutionnels associés et d’entretiens axés sur les conditions d’exercice de cette participation.L’analyse a permis de mettre en lumière la pluralité de réalités que recouvre ce dispositif de participation des usagers. S’il y a consensus sur le potentiel offert par une participation des patients au système de santé, certains facteurs et zones de risque peuvent néanmoins être identifiés : isolement, fatigue émotionnelle, rechute possible, précarité, enjeux d’intégration. Pour éviter de tels écueils, l’étude a souligné la nécessité de préparer, d’accompagner et de soutenir les usagers dans leurs nouvelles fonctions, ainsi que l’importance d’une gouvernance globale de cet ensemble d’activités. Au terme de cette étude, certaines recommandations sont formulées, en particulier celle consistant à réactualiser les valeurs éthiques institutionnelles à la lumière des nouveaux paradigmes de partenariat patient.


2012 ◽  
pp. 115-137
Author(s):  
Émilie Courtin

LeNew Laboura fait de l’ouverture au « choix » l’un des principaux axes de sa réforme du système de santé britannique. Si cette ouverture a été bien documentée, peu de travaux se sont intéressés à l’impact de cette réforme sur la politique de santé mentale. L’objectif de l’article est donc de présenter cette réforme mettant en oeuvre des choix élargis pour les usagers des services de santé mentale. L’hypothèse centrale de l’article est que l’introduction inachevée du « choix » pour les usagers des services de santé mentale cristallise les difficultés et les paradoxes de la réforme duNew Labour.


2022 ◽  
Vol 133 ◽  
pp. 04001
Author(s):  
Benoit Chalancon ◽  
Isabel Colón de Carvajal ◽  
Louis Maritaud ◽  
Justine Lascar ◽  
Laurie Boyer

La réforme du système de santé incite les soignants à être de plus en plus efficaces lors de situations de communication. Les spécificités de la pratique infirmière en santé mentale peuvent s'illustrer par le soin relationnel qui représente un enjeu dans la continuité des soins au vu de la complexité grandissante des prises en charge. Dans un tel contexte, une étude portant sur les compétences d’interaction des infirmiers dans un service psychiatrique pour adultes semble se justifier. L’ancrage théorique et méthodologique de cette recherche relèvent de l’analyse conversationnelle et de l’ethnométhodologie. Le projet CIPSY est ainsi un projet exploratoire qui étudie les compétences d’interaction durant les relèves infirmières, et les multiples façons de transmettre de l’information disponibles dans leur pratique, qu’elles soient écrites ou orales. Cet article présente d’une part la méthode exploratoire utilisée et propose une analyse quantitative du temps passé dans chaque relève enregistrée, comparant en particulier les patients en mesure d’isolement et les patients en chambre simple. D’autre part, nous présentons trois résultats statistiques soulignant les différences de contenu des relèves orales et écrites. Nous décrivons enfin l’ébauche d’une méthode utilisée pour visualiser les données orales d’un même patient à l’aide du logiciel Voyant Tools.


2007 ◽  
Vol 19 (2) ◽  
pp. 125-141 ◽  
Author(s):  
Lucie Gélineau1 ◽  
Myriam Loudahi1 ◽  
Fanny Bourgeois1 ◽  
Nathalie Brisseau1 ◽  
Rozenn Potin1 ◽  
...  
Keyword(s):  
De Se ◽  

À l’aide de témoignages de femmes vivant de l’itinérance visible et de l’itinérance cachée, cet article illustre comment celles-ci sont victimes de la violation de droits liés à leur condition. Ces droits bafoués révèlent que la violence familiale et conjugale, le refus d’accomplir un rôle d’aidante naturelle et la pauvreté sont également des portes d’entrée dans l’errance et l’itinérance. Ces trois aspects semblent par ailleurs contribuer à l’apparition de problèmes de dépendance (alcool et toxicomanie) et de santé mentale usuellement liés à l’entrée dans l’itinérance. Pour trouver des solutions durables à l’errance et à l’itinérance des femmes, travailler à la promotion de droits fondamentaux tels que l’accès au logement ou à des services appropriés semble donc insuffisant. Il est nécessaire de se pencher également sur les mécanismes et les formes d’oppression des femmes et leurs produits que sont la pauvreté, la violence et le travail domestique imposé. Trois enjeux sont soulevés pour l’intervention : 1) la reconnaissance de la non-visibilité de femmes à risque ou en situation d’errance et d’itinérance et le défi que ceci représente dans le cadre de pratiques d’interventions et de prévention fondées principalement sur l’apparence physique des personnes et des comportements associés à la maladie mentale ou la toxicomanie; 2) la nécessité de maintenir et de développer des services tenant compte de facteurs structuraux, notamment pour les femmes pauvres et leurs enfants; et 3) la reconnaissance des droits bafoués.


2006 ◽  
Vol 13 (1) ◽  
pp. 48-56
Author(s):  
Claude Gendreau

Résumé Dans cet article1, nous allons considérer les divers acteurs de la santé mentale comme autant d'entrepreneurs qui tentent de se partager un marché de près de 900 millions de dollars. Nous montrerons que tous les promoteurs actuels se sont constitués dans le prolongement de l'institution psychiatrique et qu'ils sont les véhicules de la responsabilité du ministère de la Santé et des services sociaux et ultimement, de l'Etat. Tous les promoteurs ne disposent pas du même bagage d'expérience ou des mêmes garanties financières. Certains seraient plus près de la réalité des multinationales, d'autres, des sociétés d'Etat; enfin les plus récents sont, toujours de façon analogique, soit des PME, soit des artisans de la santé mentale. On assiste en somme à une stratification graduelle des acteurs qui agissent comme des promoteurs voulant survivre ou se développer dans un marché où chacun défend sa place au soleil.


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