scholarly journals Va te faire soigner, ton usine est malade : la place de l’hystérie de masse dans la problématique de la santé des femmes au travail

2006 ◽  
Vol 15 (1) ◽  
pp. 181-204 ◽  
Author(s):  
Carole Brabant ◽  
Donna Mergler ◽  
Karen Messing

Résumé L'hystérie de masse se déduit comme l'occurrence épidémique d'une série de symptômes physiques en l'absence de désordre organique et d'agent pathogène identifiables. En dépit de larges variations individuelles et contextuelles, une étonnante similarité unit les différents épisodes rapportés dans la littérature : présence d'un événement déclencheur, progression et régression rapide de symptômes diffus et prédominance de femmes parmi les cas. Nous résumons les recherches dans ce domaine et discutons de la surreprésentation des femmes à travers les hypothèses rattachées à : 1- la biologie et le poids de la socialisation différentielle des hommes et des femmes ; 2- la mauvaise évaluation des risques environnementaux, organisationnels et ergonomiques dans les milieux où l'on assiste à l'hystérie de masse. L'interprétation féministe, en filigrane, s'attaque au préjugé de la vulnérabilité féminine pour mettre en lumière la sous-estimation de la pénibilité des conditions de travail des femmes.

2011 ◽  
Vol 6 (2) ◽  
pp. 50-72 ◽  
Author(s):  
Romaine Malenfant ◽  
Anne Renée Gravel ◽  
Normand Laplante ◽  
Robert Plante

Cet article met en lumière les risques pour la santé liés au travail des femmes en abordant la problématique de la conciliation travail-grossesse. Cette analyse adopte comme cadre de référence la division sexuelle du travail (Kergoat, 2004). Cette perspective analytique est rarement intégrée dans les études portant sur la santé des femmes au travail. Le contexte de pénurie de main d'oeuvre qui touche actuellement le Québec en raison du vieillissement de sa population active, et dans certains secteurs en raison de la pénibilité des conditions de travail, marque l'importance d'ajouter cette perspective dans l'analyse de la santé des femmes au travail. Pour les femmes, l'expérience vécue du travail durant la grossesse constitue l'élément annonciateur du degré d'acceptation de la part des milieux de travail et de la société québécoise des spécificités féminines au travail. L'article fait ressortir où en sont rendues les organisations sur ce plan, à travers l'étude du traitement des demandes de retrait préventif de la travailleuse enceinte, droit inclus au Québec dans la Loi sur la santé et sécurité au travail. Malgré des avancées significatives dans certains milieux, on constate encore la prédominance d'une logique gestionnaire traditionnelle et sexiste dans l'application du droit qui mène les travailleuses au retrait du travail durant leur grossesse. La recherche a été menée auprès d'employeurs, de représentants syndicaux et de travailleuses du secteur hospitalier.


1975 ◽  
Vol 30 (1) ◽  
pp. 161-176 ◽  
Author(s):  
Alain Morel

ResuméAu sein du village picard quelques gros exploitants, propriétaires terriens ou fermiers et de nombreux prolétaires qui n'ont que leur force de travail, ne s'affrontent pas. Partant d'un rapport de production, les relations patronouvriers ne se situent pas sur le plan des rapports de classe. Imbriquées à celui-ci, des relations de dépendance, du type patron-client, leur donnent d'autres dimensions — rapport personnel, paternalisme, prestige... — sur lesquelles se modulent les stratégies des deux parties. Celle du patron a pour fin, outre son désir de demeurer un personnage important, le maintien du statu quo, à savoir, éviter que les ouvriers ne remettent violemment en question le système qui les défavorise. Or il ne peut conserver le pouvoir absolu qu'il exerce, dans la sphère économique, sur ceux qu'il emploie (conditions de travail, salaires, promotions...) que s'il l'étend à d'autres sphères de la vie sociale.


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