scholarly journals L'anthropologie au risque des religions mondiales

2003 ◽  
Vol 24 (1) ◽  
pp. 117-135 ◽  
Author(s):  
André Mary

Résumé RÉSUMÉ L'anthropologie au risque des religions mondiales Les entreprises religieuses transnationales qui investissent l'Afrique d'aujourd'hui substituent à la tradition orale des mythes la lettre de la Bible, au pragmatisme des rites une liturgie de la prière, aux secrets de l'initiation les témoignages de conversion, à l'éradication des sorciers la diabolisation des génies païens. L'ethnographe doit suivre des fidèles évoluant sur de multiples scènes, conjuguant l'ancrage communautaire local et les ressources d'un réseau international. Comment appréhender à la fois les campagnes d'évangélisation, les pèlerinages suscités par le prosélytisme missionnaire et la multiplication de petites églises ouvertes au bricolage liturgique et à la théologie narrative des témoignages ? Le temps est venu où les ethnologues, vieux habitués des missions et complices des grands initiés, entrent dans les églises et affrontent les risques d'une immersion dans le milieu des convertis.

1963 ◽  
Vol 18 (5) ◽  
pp. 1002-1006
Author(s):  
A. De Hautecloque
Keyword(s):  

Si le Cambodge a fait l'objet d'études archéologiques et épigraphiques innombrables, la documentation ethnographique s'y rapportant est d'une pauvreté regrettable. Or il arrive que les gestes s'usent et se dégradent plus vite que les pierres il y avait donc là une urgence. C'est pour faire face à cette urgence qu'a été créée la Commission des Mœurs et Coutumes du Cambodge, que Mme E. Porée-Maspero a dirigée de 1943 à 1950, et dont les manuscrits, provenant de toutes les régions du pays, ont fourni une grande partie des matériaux de l'importante étude que celle-ci consacre aux rites agraires des Cambodgiens. Mais c'est en fait une œuvre beaucoup plus ambitieuse que ne le laisserait supposer son titre que Mme Porée-Maspero a entreprise ici, ce dont elle s'explique dans l'introduction de ce premier tome, après avoir parlé de ses sources : la tradition, orale essentiellement, de ses informateurs : domestiques et paysans illettrés, mais aussi a£ar (maîtres de cérémonies) des monastères, enfin de ses méthodes d'enquête : l'observation directe le plus souvent possible.


1983 ◽  
Vol 38 (3) ◽  
pp. 614-627
Author(s):  
Solange Alberro ◽  
Serge Gruzinski
Keyword(s):  
De Se ◽  

Il n'y a vraiment rien d'étonnant à ce qu'un pays, un des rares du continent américain à être semé de milliers de sites archéologiques, d'innombrables coupoles et façades coloniales, un pays qui scrute ardemment son passé, y recherchant avec passion ses origines et son identité, place son histoire au cœur de son présent et peut-être de son avenir. Car le Mexique, depuis les premières migrations qui peuplèrent son sol, ne cesse de se souvenir, à travers le mythe, la tradition orale, la chronique, le récit, la légende, le livre, la chanson, l'archive, l'hémérothèque, l'ordinateur ou la pellicule, outils populaires ou savants, archaïques et sophistiqués, au service de la grande tâche collective. Voilà pourquoi on y fait de l'histoire un peu partout et de toutes les façons, académique ou militante, novatrice ou ronronnante, bon enfant ou hermétique ; qu'il nous suffise donc d'évoquer les principales institutions académiques comptant d'importants départements de recherche, assistés de services de publication, l'U.N.A.M. M.,l’I.N.A.H. etses dépendances, l'U.A.M. le Colegio de Mexico, l'Université ibéro-américaine, outre certaines universités de province. Les publications sont abondantes, fruit non seulement des recherches réalisées par les départements que nous venons d'évoquer, mais aussi résultat d'études commandées par des banques, des ministères, des commissions, des gouvernements provinciaux, des archives et fonds divers, des associations confessionnelles ou professionnelles, bref, le mécénat officiel ou privé sous toutes ses formes.


1974 ◽  
Vol 29 (6) ◽  
pp. 1465-1474
Author(s):  
Annie Schnapp
Keyword(s):  

Les historiens se prennent souvent de passion pour les périodes de « régression » ou de « déclin »; il semble que toute discontinuité, toute rupture introduite dans le cours linéaire de l' Histoire se doive d'être comblée en priorité. Et ainsi s'ébauche un foisonnement de reconstitutions, dont la hardiesse égale généralement la fragilité. Le « Moyen Age grec » (appellation impropre mais fréquente), ne fait pas exception à la règle. Une série de mythes historiques, cohérents d'ailleurs pour la plupart, s'est constituée, parfois dès l' Antiquité, afin d'établir une liaison satisfaisante pour l'esprit entre les données archéologiques dont le caractère spectaculaire frappait les imaginations (trésors de Mycènes, puissance des forteresses...) et la tradition orale (guerre de Troie, retour des Héraclides, etc.). Citons parmi ces mythes celui de la « conquête dorienne », responsable à la fois de l'effondrement du monde mycénien, de l'hilotisme à Sparte, de l'introduction de la métallurgie du fer, etc.


2015 ◽  
Vol 3 (1) ◽  
pp. 76-99
Author(s):  
Virginie Soulier
Keyword(s):  

À la suite du colonialisme, la redéfinition des relations entre Occidentaux et Autochtones engendre une réévaluation de la signification et de la présentation de leur patrimoine dans les musées européens et américains. Après quoi, une tendance à « l’artialisation » se profile, rejetant la polysémie de l’objet multiple et usuel au profit de l’objet unique présenté à la manière de l’oeuvre d’art. Face aux dérives possibles de cette tendance, Virginie Soulier démontre dans cet article que plusieurs musées adoptent a contrario une approche « plurivocale » et « authentique » où la multiplication des voix et des visions est privilégiée, plutôt que le seul aspect esthétique, propre à la sensibilité occidentale.


2013 ◽  
Vol 29 (6-7) ◽  
pp. 647-655 ◽  
Author(s):  
Didier Ménard ◽  
Frédéric Ariey ◽  
Odile Mercereau-Puijalon

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