scholarly journals Le charisme conféré

2007 ◽  
Vol 30 (2) ◽  
pp. 27-42 ◽  
Author(s):  
Denis-Constant Martin

Résumé Guy Poitevin, anthropologue et animateur social décédé en 2004, avait consacré une part de son activité à collecter et analyser les chants de meunerie des femmes intouchables du Maharashtra. Ses travaux ont une portée considérable du point de vue de l’élaboration du savoir dans les sciences sociales et de la compréhension des représentations sociales permettant aux « subalternes » d’appréhender le monde, de s’y reconstruire comme sujets et acteurs sociaux et, par conséquent, d’y intervenir pour le changer. Une partie de ces chants était consacrée à Ambedkar, dirigeant politique des intouchables et auteur de la constitution de l’Inde indépendante. Leur étude invite à reconsidérer la notion de charisme, telle qu’elle a été proposée par Max Weber. L’hypothèse sur laquelle les analyses de Guy Poitevin incitent, à réfléchir est que le charisme n’est pas une qualité innée du chef qui engendrerait l’obéissance, mais le résultat d’une relation particulière établie entre le dirigeant et ceux qui le soutiennent, relation dans laquelle les seconds confèrent le charisme au premier.

2017 ◽  
Vol 36 ◽  
pp. 111-138
Author(s):  
Anne-Marie Gingras1 ◽  
Adriana Dudas ◽  
Magali Paquin ◽  
Marc Foisy2

Cet article porte sur la « démocratie sociale », un concept qui ressort avec force dans notre recherche sur les représentations sociales sur la démocratie. Nous avons interviewé 110 personnes ayant accès à l’espace public dans le but de saisir leur compréhension de la démocratie, de ses diverses dimensions et des principaux enjeux qui l’affectent. La démocratie sociale, ou démocratie comme état de société, s’oppose à la démocratie institutionnelle (pratiques politiques institutionnelles et État de droit) à l’égard de laquelle les critiques abondent. La démocratie sociale comporte deux volets : d’une part, l’insistance sur l’effervescence et la réflexivité qui s’incarnent dans l’organisation collective et dans le débat et la communication et, d’autre part, l’assimilation de la démocratie au conflit qui est pensé en termes de normalité et de processus. Cependant, la démocratie sociale a besoin d’un acteur, le citoyen, qui, comme le montrent les travaux en sciences sociales depuis des décennies, ne répond pas à l’appel de la construction de la démocratie.


2008 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 11-40 ◽  
Author(s):  
Anne-Marie Gingras1 ◽  
Adriana Dudas ◽  
Magali Paquin ◽  
Marc Foisy2

Résumé Cet article porte sur la « démocratie sociale », un concept qui ressort avec force dans notre recherche sur les représentations sociales sur la démocratie. Nous avons interviewé 110 personnes ayant accès à l’espace public dans le but de saisir leur compréhension de la démocratie, de ses diverses dimensions et des principaux enjeux qui l’affectent. La démocratie sociale, ou démocratie comme état de société, s’oppose à la démocratie institutionnelle (pratiques politiques institutionnelles et État de droit) à l’égard de laquelle les critiques abondent. La démocratie sociale comporte deux volets : d’une part, l’insistance sur l’effervescence et la réflexivité qui s’incarnent dans l’organisation collective et dans le débat et la communication et, d’autre part, l’assimilation de la démocratie au conflit qui est pensé en termes de normalité et de processus. Cependant, la démocratie sociale a besoin d’un acteur, le citoyen, qui, comme le montrent les travaux en sciences sociales depuis des décennies, ne répond pas à l’appel de la construction de la démocratie.


Author(s):  
Dominique Hervé ◽  
Gilles Riviere

Dans cet essai de rédaction commune est présentée la synthese d'une recherche d'équipe sur la dynamiquedes jacheres. En filigrane apparaí't un cheminement interdisciplinaire ou sont convoquées à la fois sciencesagronomiques et sciences sociales. Confrontés à la difficulté de définir la jachere sur un même teITain -une communauté paysanne aymara des hauts plateaux de Bolivie -, un agronome et un anthropologuecherchent à comprendre à la fois I'étonnante persistance de la durée de la jachere (10 ans) et lesmodifications qu' a subi son mode de gestion collective. Pour répondre àces questions communes, chacuna mobilisé dans le dialogue qui s' est instauré ses connaissances disciplinaires (aptitude du sol à produireselon I'âge de la jachere, histoire de I'acces à la teITe, analyse des pratiques et représentations sociales).Il apparaí't que les changements observés ne débouchent pas tant sur une réduction de la durée de lajachere - celle-ci définit un cycle fixe, à la fois mémoire et histoire de la communauté - que sur desrestrictions et des différenciations dans l'acces à l'espace. Ces résultats sont issus d'une pratique deregards croisés qui ont alimenté le dialogue entre les chercheurs tout a long de l'enquête, défiinterdisciplinaire puisqu'il a faliu démêler l'écheveau de causalités multiples, aux temporalités diverseset unies par des relations complexes et dynamiques.


2008 ◽  
Vol 67 (2) ◽  
pp. 119-123 ◽  
Author(s):  
Grégory Lo Monaco ◽  
Florent Lheureux ◽  
Séverine Halimi-Falkowicz

Deux techniques permettent le repérage systématique du système central d’une représentation sociale: la technique de la mise en cause (MEC) et le modèle des schèmes cognitifs de base (SCB). Malgré cet apport, ces techniques présentent des inconvénients: la MEC, de par son principe de double négation, et les SCB, de par la longueur de passation. Une nouvelle technique a été développée: le test d’indépendance au contexte (TIC). Elle vise à rendre compte des caractères trans-situationnel ou contingent des éléments représentationnels, tout en présentant un moindre coût cognitif perçu. Deux objets de représentation ont été étudiés auprès d’une population étudiante. Les résultats révèlent que le TIC paraît, aux participants, cognitivement moins coûteux que la MEC. De plus, le TIC permet un repérage du noyau central identique à celui offert par la MEC.


2019 ◽  
pp. 183-188
Author(s):  
Claude Wacjman

Ce travail montre comment les représentations sociales à propos de l’autisme se répandent et gagnent peu à peu de nombreuses strates dans la société. Il s’agit ici de considérer l’influence de l’écologie sur des aspects de la politique internationale portée par la voix d’une lycéenne suédoise auto-proclamée autiste, suivant des mécanismes complexes intra ou extra familiaux faisant penser à des phénomènes d’écriture automatique, tels que nous les avons connus par le passé. Opposée à toute manœuvre favorisant le réchauffement climatique, elle intervient dans différentes instances politiques. C’est un super pouvoir dû à son autisme qui la motive.


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