scholarly journals L’accès des indigents aux services de santé au Burkina Faso : un problème public ?

2006 ◽  
pp. 149-163 ◽  
Author(s):  
Valéry Ridde

Au Burkina Faso, comme dans bien d’autres pays d’Afrique, les indigents demeurent exclus de l’accès aux services de santé, malgré la mise en oeuvre de politiques publiques qui s’étaient, entre autres objectifs, fixé celui d’améliorer leur sort. L’une des propositions d’explication à cette occultation de l’équité par les acteurs sociaux impliqués dans la mise en oeuvre de ces politiques est que la situation d’exclusion des indigents n’est pas comprise comme un problème public auquel une solution doit être trouvée. À l’aide d’une enquête de type socioanthropologique de terrain et d’un cadre d’analyse des politiques publiques, cet article vise à vérifier cette proposition au moyen de données empiriques recueillies lors d’une étude de cas au Burkina Faso. Ces données sont organisées en fonction des neuf composantes qui, conceptuellement, permettent de comprendre la manière dont une situation peut devenir un problème public.

2004 ◽  
Vol 45 (1) ◽  
pp. 105-127 ◽  
Author(s):  
Marie-Josée Fleury ◽  
Jean-Louis Denis ◽  
Claude Sicotte ◽  
Céline Mercier

Résumé Le système québécois de santé mentale est actuellement confronté à une réorganisation importante de sa gestion et de l’offre de ses services. Cette restructuration peut être interprétée comme la deuxième phase d’une réforme, amorcée avec la Politique de santé mentale (1989) qui s’est traduite dans les régions sociosanitaires par les plans régionaux d’organisation de services (PROS) (1989-1997). À partir d’une étude de cas, cet article vise à décrire le processus de mise en oeuvre et les effets de cette première restructuration du système. Les conditions favorisant ou entravant l’implantation des PROS, les outils de gestion ainsi que différents facteurs contextuels, structurels et temporels sont étudiés. Enfin, les leçons à tirer de cette expérience pour la poursuite de la réforme des services de santé mentale sont discutées.


2006 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 217-140
Author(s):  
Marie-Josée Fleury ◽  
Jean-Louis Denis

Résumé Comme principale stratégie d'implantation de la Politique de santé mentale (PSM, MSSS, 1989), des plans régionaux d'organisation de services (PROS) sont mis en oeuvre dans l'ensemble des régions sociosanitaires du Québec. Cet exercice de planification des activités et des soins de santé mentale vise à démocratiser, décentraliser et reconfigurer le système de santé mentale en fonction d'une gamme plus diversifiée de services. Les PROS entendent aussi améliorer l'intégration des soins et des activités et l'efficience de ce réseau sociosanitaire. Par une étude de cas réalisée en Montérégie et une analyse descriptive effectuée dans les régions sociosanitaires du Québec, cet article apprécie la validité et la potentialité des PROS à modifier le système de santé mentale suivant les enjeux de la PSM. Il conclut au pouvoir relativement structurant de l'outil de planification à réguler et à transformer l'organisation des services, étant donné l'envergure des objectifs qu'il poursuit et son contexte de développement. Il amène aussi à questionner les processus de planification, de décentralisation et de coordination qui configurent l'intervention. Dans un contexte où la demande sociale est forte pour le changement, les stratégies et les mécanismes en vue de consolider la gestion régionale sont toutefois à parfaire.


Author(s):  
Maud Reveilhac

Cette étude de cas illustre la façon dont la Fédération suisse de patinage (SIS) a progressivement intégré la politique de formation édictée par le gouvernement via l’organisation faîtière du sport, Swiss Olympic. Prenant appui sur la littérature relative à la professionnalisation et l’autorégulation des fédérations face aux injonctions gouvernementales, cette étude se focalise sur les dimensions de la professionnalisation mises à contribution pour l’adaptation de SIS à la politique de la formation. Cette analyse repose sur une approche managériale à travers le modèle des 7S de McKinsey. Elle s’étend également aux parties prenantes de SIS en vue de faire ressortir les difficultés rencontrées par SIS dans la mise en œuvre de la politique de la formation pour le patinage artistique. Les entretiens menés et l’analyse de la documentation à disposition montrent comment la politique de la formation visant à garantir l’unité du suivi national est devenue l’une des principales préoccupations stratégiques de SIS entraînant des changements importants au niveau de ses structures et de son personnel, mais également au niveau du style de leadership. Les principales difficultés rencontrées par SIS sont liées à la conciliation de différentes logiques de la pratique sportive et à la coordination de plusieurs parties prenantes. Cette étude revêt de l’intérêt au-delà du contexte helvétique, notamment pour comprendre l’évolution des fédérations sportives en lien avec les politiques gouvernementales.


2017 ◽  
Vol 26 (1-2) ◽  
pp. 117-129
Author(s):  
Christophe Leyrie ◽  
Sonia Boivin

Depuis quelques années, plusieurs initiatives se réclament d’une vision renouvelée des parties prenantes dans les projets, passant d’une gestion « des » parties prenantes à une gestion « pour » les parties prenantes, notamment par la notion de co-construction. Que veut dire co-construire en contexte de gestion et de gestion de projet? Est-il possible d’envisager la co-construction d’un projet industriel ou commercial? Aucune recherche ne semble rendre compte d’une expérience de mise en oeuvre de la co-construction comme approche de gestion d’un projet. Cet article propose donc une réflexion exploratoire alimentée par une étude de cas en cours, en documentant les enjeux associés à la structure et au processus décisionnel de projets co-construits. L’implication des parties prenantes et le pouvoir décisionnel qui leur est accordé représentent un changement de paradigme. Malgré les défis que cela suppose, il semble tout de même possible d’envisager de co-construire un projet industriel et commercial.


Author(s):  
Khanh Pham Duy Khanh ◽  
Guillaume Duteurtre ◽  
Sylvie Cournut ◽  
Samir Messad ◽  
Benoît Dedieu ◽  
...  

Au Vietnam, les politiques publiques tendent à soutenir le développement des exploitations laitières de grande taille familiales (> 30 vaches) ou industrielles (> 500 vaches). Cependant, malgré un essor récent de ces grandes fermes, les exploitations familiales de très petite taille continuent à jouer un rôle impor­tant dans la production nationale de lait. Pour contribuer à la réflexion sur les modèles de fermes à promouvoir, notre étude propose de caractériser la diver­sité des exploitations laitières présentes dans le district de Ba Vi en zone périur­baine de Hanoi et d’évaluer leur durabilité. Au total 160 exploitations laitières ont été sélectionnées pour représenter la diversité des fermes présentes dans la zone. Des informations ont été recueillies lors d’entretiens directifs avec les éleveurs sur les divers types de capitaux disponibles sur l’exploitation, sur les pratiques d’élevage et de commercialisation du lait, et sur leurs performances économiques, environnementales et sociales. Une analyse factorielle multiple, suivie d’une classification ascendante hiérarchique ont permis de réaliser une typologie des exploitations. En plus d’une ferme industrielle présente dans le district, cinq types d’exploitations laitières familiales ont été identifiés, qui se différenciaient surtout par le nombre et le type d’activités agricoles et non-agri­coles, la taille du troupeau laitier, et l’intensification de la production laitière. Les indicateurs de performances des exploitations spécialisées ont révélé une rentabilité économique plus élevée que dans les exploitations plus diversifiées. Cependant, les exploitations mixtes avaient également des atouts sur les plans économique (souplesse d’adaptation), environnemental (autonomie fourragère) et social (emploi, charge de travail), qui étaient liés à la diversité de leurs acti­vités agricoles et non-agricoles. Si les politiques publiques tendent à soutenir le développement des fermes spécialisées et des grandes fermes, les programmes d’appui doivent également concerner les petites exploitations associant activi­tés agricoles et non-agricoles, car elles ont aussi un rôle majeur à jouer dans le développement durable de la production laitière nationale.


Author(s):  
Sanov Issoufou

Dans la plupart des pays africains, une bonne partie des activités socio-économiques se déroule dans le secteur informel et est financée, par conséquent, par des sources de crédit non officielles (usure, tontine, etc.). La présente étude de cas porte sur la tontine qui est une pratique courante en milieu rural et surtout urbain où le taux de monétarisation est relativement plus important. Ces structures apparaissent aujourd’hui indispensables eu égard à leur contribution dans la mobilisation de l'épargne et la distribution de crédit pour les couches à revenus modestes. Elles suscitent des espoirs réels dans une société où les structures financières modernes répondent encore imparfaitement aux besoins de la grande majorité de la population.


2014 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 311-324 ◽  
Author(s):  
Jean-François Pelletier ◽  
Denise Fortin ◽  
Julie Bordeleau

L’un des quatre principaux chapitres du document de consultation proposé par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, en préparation du Forum national sur le Plan d’action en santé mentale 2014-2020, est consacré au plein exercice de la citoyenneté. Ce témoignage est le fruit d’un dialogue tenu entre la direction générale d’un institut universitaire en santé mentale québécois et d’un groupe de personnes utilisatrices de services qui prennent part au Projet citoyen au Centre de recherche de ce même institut. Les résultats préliminaires de la validation d’une nouvelle mesure de la citoyenneté ont été utilisés pour structurer et faire progresser ce dialogue. Cette étude de cas illustre une façon de trianguler des données issues d’une recherche participative et au sein de laquelle des personnes utilisatrices de services de santé mentale ont été des partenaires de recherche à part entière. Ces pairs assistants de recherche ont notamment assumé la collecte des données auprès de 178 autres personnes utilisatrices de services de santé mentale qui ont répondu à l’échelle de la citoyenneté. Ils ont aussi animé des groupes de discussion autour des résultats préliminaires, notamment pour donner des étiquettes aux domaines émergeant des premières analyses statistiques. Ils ont ensuite dialogué avec la directrice générale venue tremper dans le Projet citoyen, et ce témoignage reflète la teneur de ce dialogue.


2019 ◽  
Vol 28 ◽  
pp. 19
Author(s):  
Georges Serpantié ◽  
Augustine Dorée ◽  
Jean-Louis Fusillier ◽  
Pascale Moity-Maizi ◽  
Bruno Lidon ◽  
...  

Dans la région soudanienne du Burkina Faso riche en bas-fonds, ces derniers représentent une facette du paysage inondable et fertile, ayant une fonction contre-aléatoire à travers des productions diversifiées en milieu humide en saison des pluies, et en contre-saison. Les activités de bas-fond permettent de réduire la vulnérabilité des groupes les plus exposés, comme les petites exploitations, les femmes et les jeunes, mais les arrangements fonciers restent précaires. C’est aussi un paysage particulièrement changeant avec des actions d’aménagement collectif hydraulique, rizicole et maraîcher. Les changements climatiques en cours atténuent l’aléa de la sécheresse sauf en début de saison, et un risque accru d’inondations est apparu. Ces tendances renforcent l’aléa du régime de l’eau, limitant les rendements, ce qui requiert des innovations dans les domaines technique et organisationnel, qui devront prendre en compte explicitement la dimension sociale et environnementale des bas-fonds.


2016 ◽  
Vol 40 (2) ◽  
pp. 227-248 ◽  
Author(s):  
Gabin Korbéogo

À partir d’une étude de cas à Ouagadougou au Burkina Faso, cet article traite du symbolisme des fleurs et de ses usages sociaux. L’histoire locale des relations entre les individus et la phytodiversité enseigne en effet que les espèces végétales sont utilisées pour leurs propriétés alimentaires, médicinales, symboliques, magiques et esthétiques. Toutefois, les différentes modalités de circulation et d’appropriation des fleurs varient selon le code culturel et le statut social des usagers. L’article montre que la culture florale burkinabé correspond à des formes d’expression esthétiques et sentimentales locales qui s’émancipent des contraintes traditionnelles pour épouser continuellement les modèles occidentaux et/ou globalisés.


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