scholarly journals Les trajectoires de conversion et l’identité sociale chez les jeunes dans le contexte postcolonial Ouest-africain

2003 ◽  
Vol 27 (1) ◽  
pp. 85-110 ◽  
Author(s):  
Marie Nathalie LeBlanc

Résumé Dans le contexte postcolonial africain, les jeunes contribuent activement à l’émergence de nouvelles identités sociales qui s’articulent autour de la pratique religieuse, surtout en ce qui a trait aux nouvelles pratiques du christianisme et de l’islam. Dans un grand nombre de cas, l’émergence de ces nouveaux mouvements religieux s’affirme à travers des notions de modernité et de tradition. Dans un tel contexte, l’objet de cet article est de décrire le rôle des jeunes dans la construction de l’expérience religieuse. À partir d’études de cas réalisées auprès de jeunes musulmans et de membres de nouvelles Églises indépendantes en Côte-d’Ivoire, nous examinons, dans un premier temps, les modalités selon lesquelles la religion définit les pratiques et les enjeux de la modernité. Par la suite, nous explorons dans quelle mesure la religion permet aux jeunes de se négocier un espace de légitimité sociale face aux diverses relations de pouvoir, dont la gérontocratie. La juxtaposition de ces cas permettra de mettre en relief les dynamiques qui sont propres à chaque expérience religieuse, au contexte de leur manifestation, ainsi qu’aux différentes notions de la modernité qui sont renouvelées par ces jeunes.

2021 ◽  
Vol 16 (1) ◽  
pp. 54-60
Author(s):  
KL Kouame ◽  
AB Yao ◽  
KI N'Dri

Contexte: Le covid-19 (coronavirus disease – 19) est une infection causée par un coronavirus dit SARS-Cov_2 (Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2), un virus très contagieux qui affecte les voies respiratoires. On en compte un grand nombre de patients dans le monde causant de nombreuses pertes en vies humaines. En Côte d'Ivoire comme partout ailleurs, les gouvernements et les spécialistes se sont engagés dans une dynamique de lutte contre le covid-19. Jusqu'à ce jour, le moyen de lutte par excellence reste la prévention.Objectif : Faire un état des lieux de la pandémie de covid-19 en Côte d'Ivoire en vue d'en améliorer la lutte.Méthodes : La première étape a consisté à l'analyse de la progression de la pandémie en Côte d'Ivoire sur la période de mars à mai 2020. La deuxième étape a été le diagnostic du mode de transmission de la pandémie. La troisième étape a consisté en la recherche des facteurs de risque à partir d'enquêtes de terrain et d'analyse des faits observés de façon générale en Côte d'Ivoire.Résultats : L'analyse de la progression de la pandémie montre que celle-ci se propage de façon aléatoire et à un rythme très élevé en Côte d'Ivoire. Le nombre de personnes infectées est inégalement réparti sur l'étendue du territoire national et dans le temps. Les résultats du diagnostic du mode de transmission de la pandémie en Côte d'Ivoire à partir de la carte de contrôle des moyennes ont montré que la transmission de la pandémie dans le pays est hors contrôle. La recherche des facteurs de risque à partir d'enquêtes de terrain et d'analyse des faits observés dans le pays révèle que plusieurs causes sont à la base de cette rapide propagation de la pandémie en Côte d'Ivoire. Celles-ci ont été regroupées en classes suivant les 5 M en accord avec le diagramme d'ISHIKAWA.Conclusion : Le COVID-19 représente un réel problème de santé publique majeur en Côte d'Ivoire. Sa propagation est rapide et non maîtrisée. La population ne s'est pas encore approprié les gestes barrières. Et les causes de cette diffusion exponentielle de la pandémie ont été identifiées. Recommandations : A la lumière des résultats, certaines recommandations telles que l'automatisation des dispositifs de lavage des mains dans les lieux public, la pulvérisation régulière des lieux publics, le port obligatoire des masques, la bonne protection des aliments directement consommables …ont été faites afin de freiner la propagation de cette pandémie en Côte d'Ivoire.


2010 ◽  
Vol 23 (1) ◽  
pp. 1-15 ◽  
Author(s):  
Emmanuel Konan Kouadio ◽  
Soro Nagnin ◽  
Isslaka Savane

Résumé Ce travail a pour objectif de mettre au point une méthodologie permettant d’optimiser la profondeur d’arrêt des forages en milieu de socle cristallin et cristallophyllien lors des campagnes d’hydraulique villageoise. Cette méthodologie permet d’établir des équations d’optimisation de la profondeur des forages. Elle s’appuie sur des données acquises en Côte d’Ivoire. La méthodologie proposée est basée sur des méthodes statistiques, notamment l’Analyse en Composantes Principales (ACP) et la régression linéaire multiple, afin de concevoir ces équations. Le logiciel NCSS6.0 a été l’outil de travail. L’analyse montre que certains paramètres de forage, à savoir la vitesse d’avancement dans le socle (Vas), la profondeur de la première arrivée d’eau significative (Pae) et le nombre d’arrivées d’eau (Nae) sont l’expression de l’existence des nappes de fissures. En conséquence, ils sont déterminants dans la conception des équations d’optimisation de la profondeur des forages. On y ajoute l’épaisseur de socle foré (Soc) qui constitue le paramètre à optimiser. L’équation a été testée sur 171 forages de la région du Denguélé et sur 43 autres forages répartis dans divers faciès géologiques de Côte d’Ivoire. Le résultat est positif à 90 % pour l’ensemble des formations géologiques rencontrées. L’application de l’équation a montré que l’on pourrait éviter un surcreusement inutile de 728 m sur une profondeur cumulée de 9 221 m, soit environ 8 % d’économie. La stratégie permet donc de gérer rationnellement le budget alloué à un projet donné en hydraulique villageoise et, le cas échéant, d’approvisionner en eau potable un plus grand nombre de populations.


Africa ◽  
1935 ◽  
Vol 8 (4) ◽  
pp. 462-472 ◽  
Author(s):  
Henri Labouret

Les notes qui suivent résument des observations faites dans les territoires du Soudan occidental, notamment en Haute Volta, au Soudan Français, en Haute Côte d'Ivoire, en Guinée et enfin au Sénégal depuis plusieurs années. Elles portent exclusivement sur la personne et les activités nocives, réelles ou supposées, de certains individus, auxquels on attribue les caractéristiques suivantes. Ce sont des hommes ou des femmes, doués de facultés sumaturelles qui leur permettent de se métamorphoser, de voler dans les airs, de pénétrer dans les profondeurs de la terre, enfin et surtout, de faire périr les autres hommes en dévorant leurs organes internes, de préférence le cœur et le foie. Ces êtres malfaisants sont généralement qualifiés de sorciers dans les langues européennes (witch; Hexe), sans que l'on prenne soin de les distinguer des magiciens dont ils empruntent parfois les procédés. Il conviendrait, selon nous, de les appeler ‘sorciers mangeurs d'hommes’, en raison de l'irrésistible impulsion qui les oblige, suivant les croyances indigènes, à commettre des actes d'une anthropophagie particulière.


2021 ◽  
Vol 17 (2) ◽  
Author(s):  
Mlan Konan Séverin

En Afrique, et singulièrement en Côte d’Ivoire, les peuples sont unanimes que la terre est un bien commun, sacré. Elle ne peut être cédée qu’à titre temporaire. En dépit de cette idéologie, il est apparu un marché foncier dans toutes les zones forestières et de transition. Cette étude part de l’hypothèse qu’une terre qui est favorable à une spéculation en « vogue » fait apparaître un marché foncier, qui subit les normes des autres marchés préexistants, et les normes traditionnelles de gestion foncière s’en trouvent déconstruites, dépassées. L’étude de type ethnographique a eu pour terrain empirique les villages des sous-préfectures de Kpouebo et de Kpacobo situés, respectivement dans les départements de Toumodi et Taabo (Centre-sud ivoirien), avec le village d’Adahou (dans la sous-préfecture de Kpouebo) comme cas de marché foncier. Les données ont été produites par une recherche documentaire couplée d’observations directes dans les villages desdites souspréfectures. De plus, des entretiens semi-directifs ont été faits auprès du Souspréfet de Kpouebo, du chef de village d’Adahou et sa notabilité, du président des jeunes et des membres de la mutuelle de développement d’Adahou, des chefs de ménages dudit village ayant accepté ou refusé de vendre leurs biens fonciers familiaux, enfin auprès des intermédiaires de vente de terre d’Adahou et de Kpouebo. Cette étude se fixe pour objectif d’appréhender tous les marchés fonciers comme des marchés encastrés, enchevêtrés dans des relations sociales locales et nationales. L’analyse des résultats montre que, tout comme les peuples forestiers qui n’ont pu s’abstenir de céder leurs terres, sous la ruée de migrants pour la cacaoculture ou l’urbanisation, les Baoulé du Centre-sud de la Côte d’Ivoire sont devenus « vendeurs » de terres rurales, sous la pression des élites politiques favorables à l’hévéaculture. Dès lors, l’apparition du marché foncier dans la zone d’étude doit être perçue comme les effets de l’encastrement des marchés fonciers d’autres régions forestières ivoiriennes, et non comme de la paresse caractérielle. En outre, il est à retenir que le marché foncier d’Adahou est spécifique, car la population a choisi de vendre des portions de terres familiales afin d’édifier un nouveau village et améliorer son cadre de vie. En somme, le marché foncier d’Adahou a engendré un nouveau village moderne. Cependant, ce marché n’a permis à la population de se créer des vergers d’hévéa. Il a plutôt entrainé le transfert de manteaux forestiers arables au profit des élites, rendant les propriétaires coutumiers des paysans sans terre.


2013 ◽  
Vol 317 (317) ◽  
pp. 51 ◽  
Author(s):  
Aurélien Masson ◽  
Jean-Marc Julien ◽  
Luc Boedt

L'importance de l'hévéa (caoutchouc), Hevea brasiliensis, en tant que culture de rente ne cesse d'augmenter justifiant de s'intéresser à de nouvelles techniques de clonage plus efficaces que le greffage (écussonnage) traditionnellement utilisé pour la production industrielle de matériel de plantation de qualité supérieure. Les bonnes performances sur le terrain (croissance rapide, haut rendement) des hévéas produits par embryogenèse somatique n'ont été constatées jusqu'à présent qu'à l'échelle expérimentale. La propagation de masse in vitro par embryogenèse somatique ou microbouturage de clones d'hévéas sur leurs propres racines reste pénalisée par un manque de réactivité de la plupart des génotypes sélectionnés et par des coûts de production prohibitifs. Face à cette situation, la propagation par bouturage de clones matures sélectionnés issus de micropropagation in vitro a été tentée par la SoGB en Côte d'Ivoire comme une alternative possible à l'utilisation exclusive des techniques in vitro. Les deux clones matures industriels, A (70 ans) et B (53 ans), ont d'abord été rajeunis in vitro par embryogenèse somatique puis micropropagés en plus grand nombre par microbouturage. Après acclimatation, les microboutures enracinées in vitro ont été rempotées dans des pots individuels pour être gérées de manière intensive comme pieds-mères destinés au bouturage. Après 3 semaines en conditions horticoles adéquates, les taux d'enracinement obtenus pour les boutures des clones A et B ont été respectivement de 74,6 % (1203/1613) et 76,5 % (198/259). Les racines adventices néoformées étaient généralement vigoureuses. A l'issue d'une phase d'acclimatation réussie, les boutures se sont développées de façon conforme pour atteindre 4 mois plus tard une hauteur de 25-30 cm suffisante pour être plantées au champ. En sus d'une plus grande vigueur et conformité sur le terrain, les clones issus de bouturage peuvent être produits plus rapidement, sur des surfaces plus réduites à moindre coût et dans des conditions de travail plus faciles par rapport aux plantes issus d'écussonnage. Des analyses en cours devraient permettre d'établir les avantages comparatifs des boutures par rapport aux plants écussonnés en ce qui concerne d'autres caractères à fort impact économique tels que le rendement de latex.


1988 ◽  
Vol 15 ◽  
pp. 457-466 ◽  
Author(s):  
Claude-Hélène Perrot

Dans le Sud-Est de la Côte d'Ivoire le début des années soixante est marqué par la tentative de sécession du Sanwi et ses retombées. Le roi du Sanwi, décidant de se détacher de l'Etat ivoirien qui vient d'accéder à l'independance, est allé avec ses partisans s'établir au Ghana où il a formé un gouvernement provisoire. II donne légitimité à ce mouvement en faisant référence au traité d'alliance qu'un de ses prédécesseurs Amon Ndiffou avait signé avec la France, représentée par Fleuriot de Langle, le 4 Juillet 1843.L'érection du Sanwi en Etat indépendant est le signal d'une sévère politique de répression qui s'abat sur les Anyi de la région. A Aboisso régne le sous-préfet Haccandie qui met en place un réseau d'agents de renseignements dans un pays où les villages et les families sont profondément divisées par ce qu'on commence à appeler “I'affaire du Sanwi”. En outre les crédits affectés à la région sont drastiquement réduits. Or antérieurement le Sanwi avait été le premier pôle de développement de la Colonie, dotée d'un important réseau routier pour l'écoulement des “produits” (café, cacao) et d'équipements sanitaires et scolaires. Et brusquement ce pays, d'où était issue une élite de lettrés et de fonctionnaires, se trouve déiaissé, voire sacxifie, au bénéfice d'autres parties de la Côte d'Ivoire.


2020 ◽  
Vol 13 (7) ◽  
pp. 3347-3354
Author(s):  
Nadré A. Gbedie ◽  
Kouakou T. Kouadio ◽  
Yaya Ouattara ◽  
Klotioloma Coulibaly ◽  
Bouadou Bonsson ◽  
...  

La maladie du balai de sorcière du colatier est la maladie la plus importante du colatier car elle engendre d’énormes pertes de production. L’objectif principal de cette étude était d’identifier des clones de colatiers d’origine ivoirienne qui affichent le meilleur profil de tolérance à la maladie du balai de sorcière et ayant des paramètres de rendement intéressants. Pour atteindre cet objectif, un dispositif expérimental en bloc complètement randomisé à 3 répétitions a été utilisé et le facteur étudié est le clone avec 13 modalités. Les résultats obtenus montrent que 5 clones (clones 305, 314, 318, A2 et A3) n’ont pas subi d’attaque de la maladie. Les clones 311, 313, 315, 321 et 322 ont été moyennement attaqués. Sur la base des paramètres de rendement tels que le poids des noix par follicule et le nombre de noix par follicule, les clones 313 et 323 ont produit les plus grosses noix dont le poids moyen varie entre 31,98±11,60 g et 34,97±8,54 g et le clone 316 a donné un plus grand nombre de noix par follicule (en moyenne, 10,63±1,55 noix par follicules). Une classification combinant le niveau de tolérance des clones et les paramètres de rendement étudiés ont permis d’identifier les clones 313, 322 et 323 comme étant les meilleurs.Mots clés : Maladie du balai de sorcière, colatier, pertes de production, rendement.


Author(s):  
Issouf Binaté

Ce travail porte sur l’usage des médias numériques dans les pratiques reli- gieuses des musulmans en Côte d’Ivoire, dans un contexte de visibilité accrue de l’islam dans l’espace public depuis l’avènement du pluralisme politique en 1990. Il étudie l’entrée des musulmans dans l’ère des médias, particulièrement du numé- rique, marquée par une pluralité de canaux de communication dont Facebook, le ré- seau social comptant le plus grand nombre d’utilisateurs dans ce pays ouest-africain. Suivant une approche plus descriptive que théorique, cette étude analyse les activités en ligne des musulmans (rencontres, échanges, da’wa, etc.) à travers les multiples opportunités qu’offre la plateforme sociale Facebook.


2015 ◽  
Vol 323 (323) ◽  
pp. 19
Author(s):  
André Aubréville ◽  
Ilona Bossanyi

La « brousse  secondaire  »  s’oppose  à la « forêt primaire », forêt « noble » aux grands arbres. C’est une forêt exubérante, inextricable, avec plus de lianes et de petits bois que d’arbres, succédant à l’agricul- ture sur brûlis. Dans les régions habitées, elle entoure communément les villages et borde les routes, la forêt primaire étant reléguée aux collines rocheuses et maré- cages. En Afrique équatoriale, la « brousse secondaire » représente actuellement 50 à 75 % des surfaces forestières. La forma- tion des brousses secondaires procède en trois phases : (i) l’apparition de semis d’es- pèces héliophiles (Musanga sp., Vernonia sp., Anthocleista sp.) à croissance rapide, qui diffèrent des espèces de « forêt pri- maire » et dont les graines sont dispersées sur de longues distances ; (ii) la formation d’un sous-bois, constitué cette fois des mêmes espèces arbustives qu’en « forêt primaire », et où se mêle un second groupe d’espèces héliophiles banales, caractéris- tiques de la « brousse secondaire » et rat- trapant le précédent, voire le surcimant ;(iii) la lente reconstitution de la « forêt primaire », riche en sapotacées, guttifères et légumineuses au bois dur, capables de se régénérer dans les sous-bois, et parmi lesquelles de très grands arbres finissent par percer la voûte des cimes. L’okoumé (Aucoumea klaineana), essence précieuse typique des « brousses secondaires », est ainsi fréquent dans les prétendues « forêts primaires » du Gabon, forêts qui ont été en réalité autrefois défrichées. On ne saurait admettre aujourd’hui que le fort potentiel des « brousses secondaires » soit inva- riablement réduit en cendres. Il faut au contraire apprendre à guider et hâter leur évolution en faveur d’espaces à haute va- leur économique.Résumé adapté par la rédaction de la revue.


Author(s):  
A.H. Robinet

Cette note vise à préciser les mesures que devrait prendre tout gouvernement soucieux d'accroître, en quantité comme en qualité, la production de dépouilles animales, quel que soit le stade final retenu pour leur transformation. La période de sécheresse que vient de connaître l'Afrique sahélo-soudanienne, a entraîné des pertes considérables dans tous les secteurs de la vie économique. L'élevage a indiscutablement été l'un des plus touchés, tant en ce qui concerne le capital que les revenus à moyen et long termes. Comme on pouvait s'y attendre, par rapport aux effectifs les mieux connus (ceux de 1969-1970), le cheptel bovin transhumant a été le plus éprouvé avec parfois 80 p. 100 de pertes dans certains troupeaux. Les petits ruminants ont par contre moins souffert, et, dans des zones écologiquement comparables, l'on admet pour eux un déficit global qui n'a jamais dépassé 25 à 30 p. 100. Leur rusticité jointe à une répartition géographique moins contraignante semblent être 2 des facteurs qui les ont préservés de ce désastre. Mais, dans les pays sahéliens, les conséquences de la sécheresse n'ont pas eu pour seuls résultats la mort de 500 000 chameaux, de 8 à 10 millions de bovins (35 p. 100 du cheptel) et de 10 à 12 millions de petits ruminants. En dehors de la perte directe soit au terme d'une misère physiologique avancée due au manque d'eau et de nourriture, soit par sacrifice volontaire de la part des propriétaires, les effets secondaires sont tout aussi catastrophiques. Citons, en particulier, le manque à gagner en lait, viande et sous-produits (dont les peaux), ainsi que le déficit démographique des classes de remplacement dont les effets commencent seulement à se faire sentir pour les bovins. Ces pertes ont été généralement estimées pour la période 1969-1974 à 500 milliards de F CFA. A l'intérieur de cette masse, le secteur «Cuirs et Peaux» (bruts et tannés), représente 4 à 5 p. 100, soit 20 à 25 milliards de F CFA. Ces données ne concernent toutefois que les pays du Sahel francophone, certainement parmi les plus atteints. On manque, par contre, d'informations pour l'Ethiopie, le Soudan, le Nord-Nigéria, le nord de la Côte-d'Ivoire, la Gambie et même les Iles du Cap Vert, pays ou régions dans lesquelles la sécheresse continuerait de se faire sentir, avec parfois un retard «météorologique» par rapport à la grande crise continentale. Un dernier facteur, d'ordre zootechnique, mérite d'être souligné. Alors qu'il faut 8 à 10 ans pour reconstituer la pyramide des générations dans un troupeau bovin du Sahel, ce délai n'excède pas 3 à 4 ans chez les moutons, 2 à 3 ans chez les chèvres en raison de la plus grande prolificité de ces 2 espèces. Ainsi, en matière de dépouilles, les peaux des petits ruminants représentent un élément de valorisation plus rapide joint à d'autres facteurs socio-économiques tels que les disponibilités monétaires pour la reconstitution du cheptel ou le niveau de la consommation de viande. Les différentes actions à entreprendre vont être présentées de façon schématique compte tenu de la nature même de cet exposé. Leur énoncé ne signifie pas que tous les pays doivent y avoir intégralement recours. Certaines seraient manifestement hors de raison avec les conditions intrinsèques de la production animale et de son exploitation. Bien au contraire, chaque nation devrait procéder à un bilan préalable de cette production et de ses atouts comme de ses insuffisances techniques et commerciales avant d'envisager l'amélioration du secteur. Avec l'aide d'experts, chargés d'établir une série de programmes, il devrait être possible de combler les lacunes existantes, en évitant les investissements aussi dispendieux qu'inutiles en raison même de leurs coûts et de leur amortissement. Les mesures, même modestes et partielles qui seront prises pour accroître et améliorer la production, seront d'autant plus efficaces que le contexte monétaire et économique que nous connaissons impose une protection vigilante et l'exploitation rati


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