scholarly journals « Le chaudron fêlé » : la voix perdue et le roman

2003 ◽  
Vol 39 (1) ◽  
pp. 25-37
Author(s):  
Dominique Rabaté

Résumé À partir du commentaire d’une page célèbre de Madame Bovary, dans laquelle le narrateur flaubertien définit la « parole humaine » comme un « chaudron fêlé », cet article analyse comment le roman procède à la mise en scène ironique des discours communs. Contre l’idéal chimérique de la parole pleine, le roman choisit la parole triviale, la parole vide, le retrait de la voix dans l’écriture. C’est ainsi sous l’emblème de ce chaudron fêlé que sont examinées certaines des représentations que le roman donne à l’incomplétude fondamentale de la parole, ou encore le jeu qu’il instaure entre complétude désirée et incomplétude constatée. Ce mouvement général conduit à accentuer certaines solutions esthétiques propres au roman du xxe siècle, notamment dans les figures de l’enfant (en tant qu’ in-fans ), ou dans la problématique du chant impossible. La voix perdue, chez Bernanos, des Forêts ou Quignard, fait office de fétiche en ce qu’elle désigne l’irrémédiable deuil de l’unité originelle. Singulière et pourtant étrangère à celui qui la profère, la voix — parce qu’elle s’absente de sa source physique — est ce par quoi s’exerce le charme toujours recommencé de la littérature.

Author(s):  
Georges Danhoundo

Cadre de la recherche : Les enfants orphelins mobilisent les organismes d’aide à l’enfance, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Dans les pays africains où la pandémie du SIDA est largement répandue, la prise en charge des « orphelins du SIDA » mobilise particulièrement les organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, de même que les familles, démontrant ainsi une solidarité autour d’une action qui semble recueillir l’approbation générale.Objectifs : Cet article analyse les usages de la catégorie « orphelin » et leurs effets en termes d’appréhension des questions publiques, sociales et internationales.Méthodologie : Il s’appuie sur du matériel récolté dans le cadre des recherches en sociologie, en démographie et en anthropologie sur les logiques d’acteurs autour du soutien aux enfants orphelins en Afrique.Résultats : Du point de vue de ces organisations humanitaires et de développement, la prise en charge des enfants orphelins requiert un ciblage, comme en témoigne la catégorie « orphelins et enfants vulnérables du SIDA ». L’utilisation de la catégorie « orphelin » s’est en particulier généralisée et diffusée dans le domaine de l’éducation et des risques. Pourtant, ce mot recouvre plusieurs réalités, il reste flou. Conjuguant sentimentalisme et compassion, il évoque une catégorie structurée autour de l’innocence, des enjeux, de la fragilité, de l’insécurité et de la vulnérabilité de l’enfance ; il constitue l’une des figures majeures de la mise en scène de l’enfance contemporaine.Conclusions : La catégorie « enfants orphelins » recouvre des réalités diverses. Les solutions exclusives de transfert d’enfants orphelins dans la lignée paternelle proposée par certaines ONG, en référence aux pratiques ancestrales des sociétés africaines patrilinéaires (où l’enfant est censé « appartenir » au lignage du père), méritent d’être questionnées. De plus, il n’est pas souhaitable de continuer à penser la famille élargie comme étant l’unique solution à la prise en charge des enfants orphelins.Contribution : Cet article souligne la nécessité d’étendre la notion de la famille élargie dans le cas des transferts d’orphelin, voire mieux définir l’appartenance à la famille élargie. Au-delà des normes de filiation, les modalités de transfert d’orphelin ou le contexte économique et social jouent un rôle important.


Author(s):  
Clément Froehlicher

Le présent article analyse l'influence de Thomas Bernhard sur l'écriture d'À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie. Nous montrons comment le livre s'écrit profondément avec Bernhard et joue d'une écriture sous l'influence de ce dernier. En ce sens, il réalise l'antinomie d'un journal de maladie pleinement littéraire. Nous rapprochons ce jeu intertextuel de la poétique de Bernhard. Il s'agit, chez les deux écrivains, d'une quête de la vérité mise en scène.AbstractThis article analyses the influence of Thomas Bernhard on Hervé Guibert's À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie writing process. We'll show how this book is written in reference to Bernhard, and how Guibert plays with Bernhard's influence to write a perfectly literary sick-diary. We'll connect this intertextual device with Bernhard's poetics. Both authors lead a staged quest for truth.


VASA ◽  
2001 ◽  
Vol 30 (Supplement 58) ◽  
pp. 3-5 ◽  
Author(s):  
Kauss

In his famous novel, published in 1856, Flaubert describes the circumstances of a failed surgical procedure ending up in a major amputation. Flaubert, whose father was a physician in Rouen/France, mocks at the medical profession and its victims and proves himself to be compassionate at the same time. About his writing, he explained: "I only measure shit into doses." ("Je ne fais autre chose que de doser de la merde.")


2020 ◽  
Vol 9 (1) ◽  
pp. 26-45
Author(s):  
Sarah J. Adams

Despite their peripheral position in the Atlantic slave trade, authors of the late eighteenth-century German states composed a number of dramas that addressed imperialism and slavery. As Sigrid G. Köhler has argued (2018), these authors aimed to exert political leverage by grounding their plays in the international abolitionist debate. This article explores how a body of intellectual texts resonated in August von Kotzebue's bourgeois melodrama Die Negersklaven (1796). In a sentimental preface, he mentions diverse philosophical, historical and political sources that contributed to the dramatic plot and guaranteed his veracity. Looking specifically at the famous Histoire des deux Indes (1770) by Denis Diderot and Guillaume-Thomas F. Raynal, I will examine the ways in which Kotzebue adapted highbrow abolitionist discourses to the stage in order to convery an anti-slavery ideology to the white European middle classes. Kotzebue seems to ground abolitionism in the bourgeois realm by moulding political texts into specific generic templates such as an elaborate mise-en-scène, the separation and reunion of lost lovers, a fraternal conflict, and the representation of suffering victims and a compassionate white hero.


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 170-182
Author(s):  
Karen F. Quandt

Baudelaire refers in his first essay on Théophile Gautier (1859) to the ‘fraîcheurs enchanteresses’ and ‘profondeurs fuyantes’ yielded by the medium of watercolour, which invites a reading of his unearthing of a romantic Gautier as a prescription for the ‘watercolouring’ of his own lyric. If Paris's environment was tinted black as a spiking population and industrial zeal made their marks on the metropolis, Baudelaire's washing over of the urban landscape allowed vivid colours to bleed through the ‘fange’. In his early urban poems from Albertus (1832), Gautier's overall tint of an ethereal atmosphere as well as absorption of chaos and din into a lulling, muted harmony establish the balmy ‘mise en scène’ that Baudelaire produces at the outset of the ‘Tableaux parisiens’ (Les Fleurs du mal, 1861). With a reading of Baudelaire's ‘Tableaux parisiens’ as at once a response and departure from Gautier, or a meeting point where nostalgia ironically informs an avant-garde poetics, I show in this paper how Baudelaire's luminescent and fluid traces of color in his urban poems, no matter how washed or pale, vividly resist the inky plumes of the Second Empire.


2008 ◽  
pp. 59
Author(s):  
Milagros Rojo Guiñazú

<p>Homais era el predilecto lector que disfruta y cree poderosamente en la escritura de Voltaire y Rousseau, quizás por su cientificismo o tal vez porque él también es uno de los grandes rivales de la iglesia en la novela de Flaubert. Es, sin lugar a dudas, la representación parodiada, ironiz.ada, ridiculizada- del cientificismo volteriano.</p><p> </p>


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