scholarly journals Vie quotidienne, besoins individuels et action volontaire

2002 ◽  
Vol 25 (1) ◽  
pp. 189-198 ◽  
Author(s):  
Alberto MELUCCI

Résumé Au départ, l'auteur examine les mouvements sociaux en tant que réseaux de groupes, de points de rencontres et de solidarité, réseaux dont les liens sont plus étroits lors d'une action collective et plus lâches en situation normale. Mais l'action collective, étant inséparable des démarches et des besoins des individus, est toujours menacée d'éclatement et, pour vraiment atteindre sa pleine expression, ne peut se passer de la politique. C'est pourquoi le quotidien est le terrain privilégié où prennent naissance les mouvements sociaux et c'est dans l'action volontaire que les individus se groupent pour résoudre ce qui les préoccupe. L'action volontaire fournit un objectif commun ; elle est une réponse aux dichotomies qui séparent la réalité sociale. Elle est aussi une réaction aux actions de l'État, elle défie le pouvoir en place, propose des alternatives de sens et offre une forme de contrôle social. L'auteur croit enfin que l'action volontaire élargit les espaces politiques.

Author(s):  
Pierre Hamel ◽  
Marc Lesage ◽  
Louis Maheu ◽  
Céline Saint-Pierre

Sur la base de l’article d’A. Melucci, « Mouvements sociaux, mouvements postpolitiques », trois sociologues et un urbaniste entrent en débat. Les thèmes abordés concernent la notion d’« espaces de rassemblement » comme expression des nouveaux mouvements sociaux qui caractériseraient les sociétés capitalistes avancées, la question même de savoir si ces mouvements sont vraiment « nouveaux », la symbolique culturelle que véhiculent ces mouvements, le renversement de l’analyse que met de l’avant Melucci en insistant sur la nécessité de partir de l’action collective, des conflits et de leurs enjeux plutôt que des acteurs et de leurs caractéristiques structurelles.


2008 ◽  
pp. 133-144
Author(s):  
Carlos R. S. Milani ◽  
Ruthy Nadia Laniado

Résumé L’ordre politique de la mondialisation est un champ conflictuel de relations économiques, culturelles et sociales au sein duquel les mouvements sociaux transnationaux construisent une nouvelle politique située au-delà des institutions traditionnelles. Cet article vise à proposer un cadre d´analyse théorique illustré à partir de la contribution d´un mouvement reconnu sur la scène internationale qui a réussi à mener une action politique transnationale dans le champ de l´environnementalisme. Dans ce cadre, les auteurs soulignent la convergence de six catégories d’analyse de l´action collective mise en oeuvre par les mouvements de protection de l´environnement. Les six catégories suggérées (statut de compétence, articulation des échelles, temporalité, multiplicité des identités et des représentations, structure organisationnelle, visibilité) mettent en relief le besoin de reconsidérer le sens hégémonique de la politique mondiale fondée exclusivement sur le marché et les négociations interétatiques.


2013 ◽  
Vol 31 (2) ◽  
pp. 93-112 ◽  
Author(s):  
David Paternotte

Les rapports entre action collective des minorités et droit ont souvent été décrits à partir de la notion de judiciarisation. Cet article propose un autre regard, mettant en lumière le phénomène de juridification. Celui-ci insiste sur le caractère matriciel acquis par le droit dans l’action collective. À partir de l’exemple de la revendication de l’ouverture du mariage par les couples de même sexe en Belgique, en France et en Espagne, il montre que le droit peut occuper une place centrale sans que les mouvements sociaux étudiés n’aient intensivement recours à l’action judiciaire. Le droit apparaît en amont, comme une matrice à partir de laquelle les revendications sont formulées. Dans le cadre de la revendication du mariage, ce phénomène est étroitement lié à l’adoption d’une définition de l’égalité en tant qu’inverse de la discrimination. Ce rapport spécifique au droit ne se limite pas à la question du mariage et traduit des mutations plus profondes des mouvements gais et lesbiens. Quatre changements sont examinés : l’engagement militant de professionnels du droit, un changement de génération militante, l’institutionnalisation et la professionnalisation du mouvement, sa transnationalisation et la transformation de la notion de droits humains.


2008 ◽  
Vol 30 (1) ◽  
pp. 53-63 ◽  
Author(s):  
Henri Lustiger-Thaler ◽  
Louis Maheu ◽  
Pierre Hamel

RÉSUMÉ Dans le contexte de la modernité avancée, les mouvements sociaux ont dû revoir leurs cadres d'action, leurs représentations du social et du politique de même que leurs rapports aux institutions. Le paradigme traditionnel auquel renvoient la majorité des travaux sociologiques ne permet pas de saisir toute la complexité et l'ambivalence qui caractérisent les relations que les acteurs construisent dans leurs rapports aux institutions. En se démarquant de la thèse de l'institutionnalisation partielle et de la perspective interactionniste, les auteurs proposent une nouvelle problématique des enjeux institutionnels et de l'institutionnalisation des mouvements sociaux qui prend en compte les changements majeurs caractéristiques de la modernité avancée. C'est ce qui les conduit à examiner trois processus significatifs à cet égard, à savoir la réflexivité, la globalisation et l'authenticité.


2016 ◽  
Vol 47 (1) ◽  
pp. 123-145 ◽  
Author(s):  
Annalisa Lendaro

Cette contribution questionne le caractère improbable d’une mobilisation qui conteste la fermeture discrétionnaire des frontières, menée par les demandeurs d’asile se trouvant sur l’île de Lampedusa (Italie) en juillet 2013. Ces migrants sont officiellement enfermés dans un centre de premiers secours et d’accueil. Pourtant, ils réussissent d’une part, à organiser une action collective qui se déroule dans l’espace public, et d’autre part, à obtenir des pouvoirs publics un arrangement qui leur est favorable. Après avoir rappelé les moments forts de la mobilisation, cet article propose d’analyser son déroulement et ses conséquences à la lumière de l’espace particulier au sein duquel il prend forme, et des ressources mobilisées et mobilisables par ses protagonistes. En nous appuyant sur une enquête qualitative menée en 2013 et en 2014, nous nous proposons d’éclairer en quoi le mouvement des demandeurs d’asile étudié peut être considéré improbable, et de contribuer aux récents débats sur l’identité collective au sein des mouvements sociaux.


Author(s):  
Luis Carlos Castro Riaño

En este artículo se propone una explicación factible de los movimientos sociales contemporáneos, considerando la acción colectiva feminista del caso argentino “Ni Una Menos” y cuatro componentes visibles en ella: el estructural, el político, el estratégico y el cultural. Para ello, se incorpora perspectivas de diferentes teorías sobre la movilización social; se revisa los postulados centrales del feminismo materialista francés, la teoría queer y el feminismo decolonial, y se reflexiona sobre las estrategias de la movilización, los repertorios de acción y los marcos de la movilización, con énfasis en las gramáticas de la vida pública implementadas en tales marcos. El texto tiene el objetivo de reforzar el vínculo entre la comprensión y la práctica de la protesta social.Palabras clave: Movimientos sociales, Acción colectiva, Esquemas de interpretación, Gramáticas de la vida pública  Feminist collective action. From the class struggle to the gender struggle? The case Ni una menosSummaryIn this article a feasible explanation of contemporary social movements is proposed, considering the feminist collective action of the Argentine case "Ni Una Menos" and four visible components in it: the structural, the political, the strategic and the cultural. For this, perspectives of different theories on social mobilization are incorporated; the central postulates of French materialist feminism, the queer theory and decolonial feminism are reviewed, and the strategies of mobilization, action repertoires and mobilization frameworks are explored, with emphasis on the grammars of public life implemented in such frames. The text aims to strengthen the link between understanding and the practice of social protest.Keywords: Social movements, Collective action, Schemes of interpretation, Grammar of public life. L’action collective féministe. De la lutte des classes à la lutte des genres? Le cas de Ni una Menos RésuméDans cet article, nous proposons une explication viable des mouvements sociaux contemporains, en considérant l’action collective féministe du cas argentin “Ni una menos” et quatre composants visibles en elle: le structurel, le politique, le stratégique et le culturel. Pour cela, nous incorporons les perspectives de différentes théories sur la mobilisation sociale; nous révisons les postulats centraux du féminisme matérialiste français, la théorie queer et le féminisme décolonial et nous réfléchissons sur les stratégies de mobilisation, les registres d’action et les cadres de la mobilisation, avec une emphase sur les grammaires de la vie publique mises en œuvre dans ces cadres. Le texte a pour objectif de renforcer le lien entre la compréhension et la pratique de la protestation sociale.Mots-clés: Mouvements sociaux, Action collective, Schémas d’interprétation, Grammaires de la vie publique


Author(s):  
Bruno Jobert

L’utilité des recherches scientifiques pour les mouvements sociaux n’est pas évidente. Non seulement les données statistiques ne sont pas adaptées pour répondre aux questions soulevées par les mouvements sociaux mais en plus la production scientifique obéit à des procédures qui entrent en contradiction avec la logique de l’action collective. Dans ce sens il est important de distinguer entre les fonctions intellectuelles qui doivent être assumées dans le cadre d’une action collective et le travail scientifique proprement dit. En effet si les intellectuels des mouvements collectifs doivent gérer les ambiguïtés et les équivoques inhérentes à l’action collective le rôle du chercheur est plutôt de les dissiper.


2020 ◽  
Vol 22 (1) ◽  
pp. 40-51
Author(s):  
Telma Bessa Sales

Este artigo tem como objetivo registrar e exercitar a escrita com base no que vivenciamos recentemente em meu local de trabalho, a Universidade Vale do Acaraú, em Sobral, no Ceará. A partir da metodologia da história oral e considerando as reflexões no curso de História (graduação) e no Mestrado em Geografia, o artigo foi desenvolvido. Observando a conjuntura, as transformações sociais e políticas que vivenciamos, é possível afirmar que a dinâmica nacional é sentida nas localidades e segmentos da sociedade e no cotidiano dos estudantes, implicando uma análise e ação coletiva para a conquista de direitos humanos e o fortalecimento das lutas por uma universidade pública, democrática e de qualidade. Palavras-chave: Democracia. Diariamente. Experiência.   ABSTRACT This article aims to record and exercise writing based on what we have recently experienced at my place of work at the Vale do Acaraú University, Sobral, Ceará. From the methodology of oral history and considering the reflections within the course of History (undergraduate) and in the Master of Geography, the article was developed. Observing the conjuncture, the social and political transformations that we live, it is possible to affirm that the national dynamics is felt in the localities and segments of society and in the daily life of the students, implying an analysis and collective action for the conquest of rights and the strengthening of the struggles by a public, democratic and quality university. Keywords: Democracy. Daily. Experience.   RESUMEN Este artículo tiene como objetivo registrar y ejercitar la escritura con base en lo que vivimos recientemente en la Universidad Vale do Acaraú, en Sobral, en Ceará. El artículo fue desarrollado a partir de la metodología en historia oral y considerando las reflexiones del curso de Historia (graduación) y de la maestría en Geografía. Al observar la coyuntura, las transformaciones sociales y políticas que vivimos, es posible afirmar que la dinámica nacional refleja en las localidades, en los segmentos de la sociedad y en el cotidiano de los alumnos, implicando un análisis y acción colectiva para lograr los derechos humanos y el fortalecimiento de las luchas por una universidad pública, democrática y de calidad. Palabras Clave: Democracia. A diario. Experiencia.   RÉSUMÉ Cet article vise à enregistrer et à exercer l'écriture sur la base de ce que nous avons récemment vécu sur mon lieu de travail à l'Université Vale do Acaraú, à Sobral, Ceará. Sur la base de la méthodologie de l'histoire orale et compte tenu des réflexions dans le cours d'histoire (premier cycle) et le Master en géographie, l'article a été développé. En observant la conjoncture, les transformations sociales et politiques que nous vivons, il est possible d'affirmer que la dynamique nationale se fait sentir dans les localités et les segments de la société et dans la vie quotidienne des étudiants, impliquant une analyse et une action collective pour la conquête des droits de l'homme et le renforcement des luttes pour une université publique, démocratique et de qualité. Mots-clés: démocratie. Tous les jours. L'expérience. 


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document