scholarly journals Rapports de classes et problèmes de transformation

2002 ◽  
Vol 10 (2) ◽  
pp. 11-36 ◽  
Author(s):  
Louis MAHEU

Résumé Ce texte remet en cause la forme sociétale décrite par cette notion de société post-industrielle, avancée notamment par Touraine, sur la base de la trop grande parenté des principales caractéristiques structurelles qui lui sont prêtées avec celle des sociétés industrielles du capitalisme plus classique. Ces traits, bien loin d'engager dans la post-industrialisation, ne traduisent-ils pas les voies les plus achevées et conséquentes de l'industrialisation capitaliste? D'où un nouveau défi se présenterait à l'analyse sociologique contemporaine puisque son champ demeurerait toujours à conquérir, du fait que les sociétés contemporaines seraient tout de même grosses de mutations sociales difficiles à identifier. Au travers des tensions, crises et conflits actuels et à venir, s'impose la tâche de mieux nommer et dégager les nouveaux rapports sociaux, alors débarrassés des réminiscences d'aboutissements hégémoniques de l'industrialisation capitaliste.

2019 ◽  
Vol 46 (2) ◽  
pp. 73-91 ◽  
Author(s):  
Julie Larochelle-Audet

Vingt ans après l’adoption de la Politique d’intégration scolaire et d’éducation interculturelle (Ministère de l’Éducation, 1998), sa transposition dans les programmes de formation initiale en enseignement fait l’objet d’un bilan mitigé (Larochelle-Audet, Magnan, Potvin et D’Arrisso, 2018). Alors que des discours racistes se banalisent dans l’espace public (Potvin, 2008, 2016), les lacunes constatées dans la formation mettent en question les limites de ces orientations pluralistes. Cet article se penche en particulier sur les conceptions et les usages de la notion de diversité ethnoculturelle dans la formation en enseignement, et plus largement dans l’institution éducative québécoise. Il présente les résultats d’une analyse secondaire de données initialement collectées dans le cadre d’une recherche de maîtrise auprès de neuf professeures de trois universités francophones (Larochelle-Audet, 2014a). À partir d’outils conceptuels du féminisme matérialiste, des fragments permettant de voir les rapports sociaux de race sont assemblés de manière à révéler comment ces rapports sont à la fois dissimulés et réifiés par cette notion. Cet exercice de mise en visibilité s’intéresse successivement à la diversité ethnoculturelle comme contenu de formation, comme propriété de certains groupes de personnes et, enfin, comme voile s’inscrivant dans une logique d’effacement du racisme (Dhume, El Massioui et Sotto, 2016).


2019 ◽  
Vol 58 (2) ◽  
pp. 143-150
Author(s):  
Pascale Molinier

La psychodynamique du travail a étendu les conditions sociales de la sublimation au travail ordinaire et à la dynamique de la reconnaissance. Selon Christophe Dejours, la reconnaissance porte sur le faire mais elle se capitalise dans le registre de l’être. Or ce que les femmes font est généralement confondu avec ce qu’elles sont. D’où un déficit chronique de reconnaissance de leurs contributions, bien sûr aggravé par les rapports sociaux de domination (voir l’effet Mathilda dans les sciences). Ce constat sera ici principalement argumenté à partir des analyses psychodynamiques du travail féminisé (les activités de care) qui se caractérisent par leur discrétion. De la sous-estimation du travail féminin, il résulte de nombreuses conséquences, tant sur le plan théorique que clinique : la sublimation dépend-elle nécessairement de la reconnaissance ? – on déplacera cette question autour de l’expressivité et de la voix.


1982 ◽  
Vol 37 (2) ◽  
pp. 246-254 ◽  
Author(s):  
Janusz Tazbir

M'étant interrogé, il y a quelques années, sur l'accueil réservé aux œuvres de Thomas More et sur leur diffusion en Pologne, j'ai tenté de définir les raisons pour lesquelles les utopies classiques n'avaient pas trouvé de résonance parmi les citoyens de la République nobiliaire. Elles sont multiples. Ainsi, presque toutes les représentations de la société idéale, depuis la Politique de Platon, les visions de More ou de Campanella, jusqu'aux utopies du siècle des Lumières, préconisent une ingérence très poussée dans la vie privée des citoyens, un contrôle continu exercé sur eux par des censeurs spécialement institués à cette fin, la soumission à des normes très rigoureuses de discipline sociale — en un mot, un fonctionnement de l'État qui est en contradiction flagrante avec les institutions de la Pologne des xvie-xviie siècles. Comme le remarque à juste titre Claude Backvis, l'utopie naît dans des conditions où elle ne peut en aucune mesure être réalisée. Elle réclame tout parce qu'elle n'est en mesure de rien obtenir ; son maximalisme vient de ce qu'on pense impossible de modifier, de quelque façon que ce soit, les rapports sociaux et politiques existants. C'est la raison pour laquelle la noblesse polonaise qui, à l'époque de la Renaissance, avait largement les moyens de transformer l'État, ne recherchait pas de compensation dans la création imaginaire d'un monde idéal, utopique. Plus tard, le conservatisme de l'État polonais, son hostilité déclarée à tout changement, s'opposèrent efficacement tant à la création de variantes polonaises qu'à la réception des versions étrangères de l'utopie.


2017 ◽  
Vol 124 (1) ◽  
pp. 33-42
Author(s):  
Anne Roulin-Perriard ◽  
Jean-Pierre Tabin
Keyword(s):  

Quaderni ◽  
1995 ◽  
Vol 26 (1) ◽  
pp. 11-31 ◽  
Author(s):  
Pierre Bélanger ◽  
Serge Proulx ◽  
Jocelyne Voisin
Keyword(s):  

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