L'adoption et la mise en oeuvre de la Loi québécoise sur l'équité salariale : l'existence d'un double standard
Résumé L'adoption de la Loi sur l'équité salariale au Québec en 1996 laissait présager des progrès importants dans l'élimination de la discrimination salariale à l'égard des femmes. Cinq ans plus tard, on peut constater que de nombreux obstacles empêchent la pleine réalisation de cet objectif. L'État, en effet, a prévu à l'intérieur même de cette loi, qui se voulait d'application universelle, un régime d'exception qui vise au premier chef ses propres salariés. La Commission de l'équité salariale a été peu vigilante à l'égard de ce régime d'exception et, de plus, elle a offert un appui très limité au secteur privé et aux salariés responsables de la mise en oeuvre de la loi. Face aux résultats décevants d'évaluations préliminaires et au mécontentement des syndicats, l'État a récemment pris des mesures visant à assurer une meilleure application de la loi. Dans quelques années, on pourra savoir si cette réaction tardive a été suffisante pour corriger les erreurs de départ et assurer l'égalité de rémunération au plus grand nombre de travailleuses québécoises.