«Nous avons plus que jamais besoin des sciences sociales!»

2006 ◽  
Vol 2 (2) ◽  
pp. 20
Author(s):  
Maurice Godelier ◽  
Théophile Hazebroucq ◽  
Jean Lojkine
Keyword(s):  
Sens public ◽  
2017 ◽  
Author(s):  
Caroline Guibet Lafaye

L'interprétation de la violence politique est placée, de façon récurrente, par les media comme par le discours politique institutionnel sous le paradigme du "basculement". Les sciences sociales y voient un engagement à "haut risque" (McAdam, 1986). Afin d'éprouver la validité de ces interprétations, nous avons mené une enquête par entretiens approfondis auprès de l'extrême gauche française. À partir de ces entretiens, nous proposons une détermination de l'engagement radical, nourrie de la parole des acteurs. Il s'avère alors présenter la double caractéristique d'être coextensif à la vie de l'individu et indissociable du fait d'être acteur de ses convictions politiques, en réponse à une injonction morale à l'action. Ces caractéristiques appellent une relecture critique de la thèse de l'entrée en radicalité comme "basculement", montrant que, concernant l'extrême gauche française au moins, il s'agit plutôt d'une prise de conscience, perçue par l’acteur comme irréversible, mais s'inscrivant cependant dans la continuité d'un parcours de vie. Une nouvelle détermination de l'engagement, décrit comme radical, émerge alors en référence à ces deux caractéristiques non psychologisantes mais de nature descriptive. Elle constitue une interprétation renouvelée de l'engagement radical, formulée par Doug McAdam (1986) et reprise jusqu’alors dans la littérature (Sommier, 2012), en termes de haut coût et de haut risque.


2005 ◽  
Vol 60 (2) ◽  
pp. 443-474 ◽  
Author(s):  
Luciano Allegra

RésuméLes sociétés d’Ancien Régime ont été traditionnellement réprésentées comme des sociétés immobiles, caractérisées par un rigide compartimentage en ordres, corps, corporations ; les comportements des individus y étaient dominés par le poids des rôles et des hiérarchies sociales et productives. Cette image repose sur le double postulat d’une mobilité sociale contenue et d’une mobilité professionnelle quasiment inexistante : on donne pour assuré le fait que les métiers se seraient mécaniquement transmis de père en fils. Le but de cet article est de mettre à l’épreuve ce postulat à partir d’une étude de cas : la ville de Turin entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle.À travers l’analyse croisée des sources, nous avons essayé d’appliquer au cas turinois les méthodes quantitatives de mesure de la mobilité professionnelle adoptées par les sciences sociales. Par rapport à celles-ci, toutefois, nous avons changé d’unité de mesure. Au lieu de comparer les professions à l’intérieur du couple père-fils, nous avons choisi de focaliser l’attention sur le noyau domestique. Cette perspective permet de mettre au jour au moins trois aspects du problème qui, jusqu’à présent, ont été largement négligés. En repérant l’éventail des choix professionnels pour tous les membres de chaque famille, nous avons individualisé des stratégies d’entrée des fils sur le marché du travail. En croisant les données concernant les professions et l’origine géographique des époux, il devient possible de proposer un modèle multi-factoriel d’explication de la mobilité. En prenant en considération la profession des femmes, enfin, on introduit une variable décisive, et jusqu’ici négligée, des processus de mobilité intergénérationnelle. Le stéréotype d’une société fermée et monolithique se révèle ainsi dépourvu de fondement. L’Ancien Régime nous apparaît plutôt comme une société mobile et ouverte, dans laquelle les individus semblent jouir d’une grande liberté d’accès au marché du travail, et les mécanismes de mobilité ascendante paraissent largement dépendants de la position professionnelle des femmes.


2017 ◽  
Vol 36 ◽  
pp. 111-138
Author(s):  
Anne-Marie Gingras1 ◽  
Adriana Dudas ◽  
Magali Paquin ◽  
Marc Foisy2

Cet article porte sur la « démocratie sociale », un concept qui ressort avec force dans notre recherche sur les représentations sociales sur la démocratie. Nous avons interviewé 110 personnes ayant accès à l’espace public dans le but de saisir leur compréhension de la démocratie, de ses diverses dimensions et des principaux enjeux qui l’affectent. La démocratie sociale, ou démocratie comme état de société, s’oppose à la démocratie institutionnelle (pratiques politiques institutionnelles et État de droit) à l’égard de laquelle les critiques abondent. La démocratie sociale comporte deux volets : d’une part, l’insistance sur l’effervescence et la réflexivité qui s’incarnent dans l’organisation collective et dans le débat et la communication et, d’autre part, l’assimilation de la démocratie au conflit qui est pensé en termes de normalité et de processus. Cependant, la démocratie sociale a besoin d’un acteur, le citoyen, qui, comme le montrent les travaux en sciences sociales depuis des décennies, ne répond pas à l’appel de la construction de la démocratie.


1950 ◽  
Vol 16 (07) ◽  
pp. 67-128
Author(s):  
Denis Szabo

En 1948, M. Raymond Geysen a publié une première étude stales périodiques de sciences sociales qui se trouvaient en Belgique dans les principaux centres de documentation. Nous nous sommes efforcés de mettre son travail à jour : l'avoir des bibliothèques s'est enrichi, de nouvelles revues sont nées, d'autres, dont la publication fut interrompue au cours de la guerre, paraissent de nouveau. En même temps, nous avons élargi les investigations, en incluant des rubriques qui complètent rinformation des personnes s'interes-sant aux sciences sociales et à la sociologie.


Author(s):  
Hui Niu ◽  
Jan Van Aalst

Questions about the suitability of cognitively-oriented instructional approaches for students of different academic levels are frequently raised by teachers and researchers. This study examined student participation in knowledge-building discourse in two implementations of a short inquiry unit focusing on environmental problems. Participants in each implementation consisted of students taking a mainstream or an honours version of a tenth grade social studies course. We retrieved data about students’ actions in Knowledge Forum® (e.g., the number of notes created and the percentage of notes with links), and conducted a content analysis of the discourse by each collaborative group. We suggest the findings provide cause for optimism about the use of knowledge-building discourse across academic levels: there was moderate to strong evidence of knowledge building in both classes by Implementation 2. We end with suggestions for focusing online work more directly on knowledge building. Résumé Les enseignants et les chercheurs soulèvent fréquemment des questions quant au caractère approprié des approches pédagogiques cognitives pour les élèves de différents niveaux scolaires. La présente étude a examiné la participation des étudiants à la coélaboration des connaissances lors de la formation, à deux reprises, d’une unité d’enquête de courte durée axée sur les problèmes environnementaux. Pour chacun des deux essais, les participants étaient des élèves qui suivaient un programme d’études de dixième année, soit général, soit spécialisé en sciences sociales. Nous avons récupéré des données sur les actions des élèves dans le Knowledge Forum (par exemple, le nombre de notes créées et le pourcentage de notes avec des liens) et nous avons analysé le contenu du discours de chaque groupe de collaboration. Nous pensons que les résultats incitent à l’optimisme et qu’il est possible de parler de coélaboration des connaissances entre les niveaux scolaires : des données probantes moyennement rigoureuses ou rigoureuses montrant la coélaboration des connaissances ont été obtenues dans les deux classes lors du deuxième essai. Nous concluons avec des suggestions pour orienter plus directement les travaux en ligne sur la coélaboration de connaissances.


2016 ◽  
Vol 71 (02) ◽  
pp. 421-448 ◽  
Author(s):  
Nicolas Dodier ◽  
Janine Barbot

RésuméLes sciences sociales peuvent tirer parti d’une attention particulière à la place qu’occupent les dispositifs dans la vie sociale. L’intérêt d’une telle perspective transparaît de l’examen des recherches qui, depuis la fin des années 1970, ont recouru à cette notion. Mais la lecture de ces travaux fait apparaître également, outre la grande variété des définitions et des objectifs associés au concept de dispositif, certaines des difficultés rencontrées en chemin. Elle incite à un effort de clarification et de renouvellement, autant sur le plan conceptuel que méthodologique, auquel cet article souhaite contribuer. Dans la première partie de l’article, nous présentons les résultats d’une enquête conceptuelle sur la notion de dispositif. Dans la deuxième partie, nous développons une série de propositions qui visent à élaborer une approche « processuelle » des dispositifs. Nous revenons enfin sur plusieurs enquêtes que nous avons conduites dans cette perspective autour de dispositifs de réparation: étude du travail doctrinal des juristes autour du procès pénal, des pratiques d’avocats à l’audience d’un procès, des réactions de victimes d’une catastrophe sanitaire face à un fonds d’indemnisation, des transformations historiques des dispositifs de réparation des accidents médicaux depuis le début du XIXesiècle. Il s’agit ainsi de préciser l’approche proposée et d’en suggérer des prolongements possibles.


2008 ◽  
Vol 27 (2) ◽  
pp. 11-40 ◽  
Author(s):  
Anne-Marie Gingras1 ◽  
Adriana Dudas ◽  
Magali Paquin ◽  
Marc Foisy2

Résumé Cet article porte sur la « démocratie sociale », un concept qui ressort avec force dans notre recherche sur les représentations sociales sur la démocratie. Nous avons interviewé 110 personnes ayant accès à l’espace public dans le but de saisir leur compréhension de la démocratie, de ses diverses dimensions et des principaux enjeux qui l’affectent. La démocratie sociale, ou démocratie comme état de société, s’oppose à la démocratie institutionnelle (pratiques politiques institutionnelles et État de droit) à l’égard de laquelle les critiques abondent. La démocratie sociale comporte deux volets : d’une part, l’insistance sur l’effervescence et la réflexivité qui s’incarnent dans l’organisation collective et dans le débat et la communication et, d’autre part, l’assimilation de la démocratie au conflit qui est pensé en termes de normalité et de processus. Cependant, la démocratie sociale a besoin d’un acteur, le citoyen, qui, comme le montrent les travaux en sciences sociales depuis des décennies, ne répond pas à l’appel de la construction de la démocratie.


2014 ◽  
pp. 183-202
Author(s):  
Nicole Ramognino
Keyword(s):  

Ce texte a pour objectif de montrer l’intérêt, sinon la nécessité, pour les sciences sociales, d’appréhender le discours en tant qu’un objet parmi d’autres et par conséquent susceptible d’être découpé, déconstruit et analysé de manière positive. En effet, la « matérialité linguistique » du discours est tout à la fois consistante et opaque, et l’analyste a besoin d’outils techniques (linguistiques, narratologiques, stylistiques, informatiques, etc.) pour en rendre compte. Nous avons présenté un rapide aperçu des traditions divergentes, anglo-saxonnes et linguistiques d’analyse du discours, puis leur intérêt commun pour sa « matérialité ». Nous avons ensuite présenté quelques outils d’analyse, pour enfin dans une troisième partie, réintroduire le choix de ces outils en fonction des disciplines et des objectifs du chercheur.


2009 ◽  
Vol 5 (1) ◽  
pp. 21-24
Author(s):  
Kenneth J. Gergen

Résumé Traditionnellement, nous avons conçu la relation comme étant formée à partir de deux ou plusieurs individus. Toutefois, cette construction de la relation donne une priorité ontologique à l’individu, alors que les relations deviennent une dérivée secondaire. En termes des implications idéologiques, nous sommes encouragés à donner priorité aux individus. Le résultat fait en sorte que de nombreuses théories en sciences sociales offrent un raisonnement à l’idée d’un individualisme culturel sans même s’en rendre compte. Dans ce travail, je tente d’offrir une conception alternative de la relation où on retrouve un processus relationnel a priori à l’individu. Sous cette optique, la conception même de l’individu en est une d’action collaborative (co-action). Les implications plus larges mettent l’accent sur la confluence de la vie sociale.


2006 ◽  
Vol 4 (1) ◽  
pp. 102-122 ◽  
Author(s):  
Hubert Wallot

L'histoire de la folie, dans quelque milieu que ce soit, comporte toujours un double intérêt : du point de vue du non médecin, elle révèle la nature des répressions qu'une société se donne et l'évolution des groupes au pouvoir dans cette société : en ce sens, on découvre que les buts des organisations qui prennent en charge la folie se concrétisent différemment selon la définition sociale de la folie à une époque et selon les intérêts en place. Du point de vue médical d'autre part, pareille histoire tend à illustrer une déviance sociale originale et que d'autre part, les normes sociales et les conceptions professionnelles de la folie et de son traitement tendent néanmoins à s'inspirer d'un ordre social existant et à le justifier indirectement. C'est en ce sens que nous avons élaboré les grandes lignes de l'historique du Centre Hospitalier Robert-Giffard qui fut le premier hôpital psychiatrique du Bas-Canada. Cette histoire couvre 5 périodes distinctes : la période politico-religieuse, la période du professionnalisme d'affaires coloniales de l'époque de l'Union du Haut et du Bas-Canada, période correspondant à la période asilaire, la période hospitalière indigène ou franco-religieuse où prévaut une conception neurologique de la folie, la période psychiatrique où la folie devient une maladie mentale traitable conjointement au plan biologique et psychologique, et enfin la période sociale où la folie tend à se ramener à une déviance sociale devant être prise en charge par des rééducateurs experts des sciences sociales. Nous donnerons ensuite un aperçu d'une période dite de « récupération communautaire ».


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