L’acte d’écriture chez Ibn ʿArabī dans Les Illuminations Mecquoises
D’après Ibn ʿArabī, l’écriture première d’où toute Vérité existentielle s’est émanée n’est que le résultat de la communion de la Plume _(Qalam)_ avec la Planchette préservée _(al-Lawḥ al-Maḥfūẓ)_ où toute Vérité était écrite avant sa concrétisation existentielle. Cela dit, le premier principe de l’Etre fut par effluence de l’intellect universel _(al-ʿAql al-kullī)_ qu’est la plume, dépôt du Savoir divin. Ainsi, l’écriture chez Ibn Arabi n’est que la traduction langagière des inspirations divines _(al-wāridāt al-Ilāhiyya)_, ce qui justifie l’absence d’unité thématique dans son ouvrage les « Illuminations Mecquoises » car il n’écrit que conformément à ce que lui accorde son état spirituel _(ḥāl)_ au moment de la rédaction. De cette manière, son acte d’écriture par allusion à la Vérité _(al-išāra)_ se balance entre l’écriture par code _(ramz)_ et l’écriture par sagesse _(al-ḥikma)._ Alors comment ces deux éléments d’écriture spirituels rythment-ils de l’intérieur le texte des « Illuminations Mecquoises » ?