Le rôle de l’amateur dans la construction des savoirs (XIXe-XXIe siècles)siècles)
La figure de l’amateur, héritée des pratiques culturelles de l’Ancien régime, est en train de retrouver un rôle de premier plan à l’ère des technologies numériques collaboratives. Dans cette nouvelle « économie de la contribution » (B. Stiegler), on peut faire figurer diverses pratiques informationnelles, conversationnelles ou créatives, mais aussi les apports à des projets scientifiques collaboratifs qu’on range désormais sous l’étiquette des « sciences participatives » ou « sciences citoyennes ». C’est également la notion de patrimoine qui est aujourd’hui puissamment questionnée par les technologies numériques et leur dimension participative : on mesure mieux en quoi les individus (et non plus seulement les institutions), les profanes (et non plus seulement les spécialistes) peuvent contribuer au processus de la patrimonialisation, et à la légitimation qu’elle confère en retour à de nouveaux objets de savoir, ou à de nouveaux modes d’appropriation du savoir. C’est donc cette filiation entre l’amateur du XIXe siècle et l’internaute contemporain, à la croisée des sciences participatives et des nouveaux modèles numériques de patrimonialisation, que nous voudrions analyser, en nous interrogeant particulièrement sur la transformation des sociabilités, des valeurs et des représentations attachées désormais aux pratiques de l’amateur.