Marina Tsvetaeva et Lev Karsavine

2021 ◽  
pp. 189-202
Author(s):  
Françoise Lesourd

Il n’y avait a priori aucune raison pour que puissent se rencontrer Lev Karsavine — adepte d’une philosophie assez aride et austère, centrée sur la métaphysique chrétienne, nourrie aux joutes théologiques du moyen âge — et Marina Tsvetaeva, l’une des figures les plus représentatives de la poésie russe moderne et de son bouillonnement. Mais leur condition d’exilés les a portés tous deux vers l’un des principaux mouvements politico-intellectuels de l’émigration, le mouvement eurasien, qui posait la question du retour éventuel à la Russie réelle, désormais l’Union soviétique. Une fois revenus en URSS (involontairement dans le cas de Karsavine), ils étaient voués à tomber aux mains du MVD et presque inéluctablement condamnés. On peut dire que leurs destins, tous deux exemplaires, s’éclairent l’un par l’autre.

1993 ◽  
Vol 48 (1) ◽  
pp. 227-233
Author(s):  
Alain Guerreau
Keyword(s):  
A Priori ◽  

Contrairement à un credo qui paraît pour l'heure généralement accepté, une collection de perspectives partielles ne produit pas nécessairement une vue globale. Tous les points de vue ne se valent pas, mais l'on ne peut guère imaginer a priori les avantages que peut présenter tel ou tel d'entre eux ; on s'embarque dans la lecture d'un ouvrage sur la criminalité à la fin du Moyen Age et la surprise est forte de découvrir un véritable portrait ethnographique de la France autour de 1400.


2007 ◽  
Vol 40 (1-2) ◽  
pp. 177-185
Author(s):  
Špela Žakelj
Keyword(s):  
A Priori ◽  

Occupant une place très importante parmi les auteurs français du XIII siècle, Rutebeuf se sert dans sa poésie morale et satirique de l'allégorie, figure rhétorique typique pour le Moyen Age, dans la poésie liée surtout à la thématique du voyage. Dans les suvres de Rutebeuf l'allégorie est jointe le plus souvent à la satire, genre de prédiléction du discours ironique. Se dressant de manière symbolique contre l'écroulement des valeurs traditionnelles l'auteur prend pour l'objet de son ironie la corruption de la société contemporaine, surtout celle des ordres mendinats, coupables selon lui pour l'emprise des vices sur l'humanité. Pour éviter la généralization avec laquelle le systeme allégorique des personifications empreint perspective satirique et ironique Rutebeuf combine les modèles allégoriques différents, créant ainsi une situation a priori dramatique dont témoignent par exemple ses suvres Le débat du croisé et du décroisé, la Leçon sur Hypocrisie et Humilité ou Le dit du mensonge.


2019 ◽  
Vol 74 (3-4) ◽  
pp. 523-557
Author(s):  
Dario Internullo

RésumésCet article cherche à reconstruire la transition du papyrus vers le parchemin dans les pratiques documentaires en Europe occidentale, afin de mieux comprendre les lacunes documentaires du haut Moyen Âge et, par conséquent, d’expliquer les distorsions de perspective qu’ont pu entraîner la configuration des sources. Après une tentative d’identification des lieux de production du papyrus utilisé en Europe, l’étude propose une cartographie des usages documentaires du papyrus et du parchemin du vie au xie siècle. La comparaison de ces deux types de données, associée à une analyse qualitative et quantitative, permet de proposer des interprétations du phénomène qui accordent une attention particulière aux échanges économiques à travers la Méditerranée et aux relations entre les royaumes occidentaux, le monde islamique et Byzance pendant cette période. Compte tenu de la fragilité du papyrus par rapport au parchemin, la transition d’un matériau à l’autre – qui a eu lieu en grande partie aux viiie et ixe siècles – a entraîné une plus grande stabilité des archives. Pour la même raison, l’apparition d’une archive en parchemin dans une zone spécifique ne doit pas être considérée a priori comme un signe de croissance économique et culturelle ; au contraire, elle résulte souvent de restrictions économiques.


1997 ◽  
Vol 52 (3) ◽  
pp. 457-475 ◽  
Author(s):  
Laurence Moulinier

Aux prises avec la question du rire au Moyen Age, labile comme le sourire du chat du Cheshire, nous avons choisi de le traquer là où on l'attend a priori le moins, dans les récits hagiographiques et en particulier dans deux Vies du 12e siècle, où un même comique s'exerce aux dépens du saint, Bernard de Clairvaux (1090-1153) dans un cas et Hildegarde de Bingen (1098-1179) dans l'autre.Le maître d'oeuvre de la Vita prima sancti Bernardi est Geoffroy d'Auxerre, qui avait été son secrétaire et qui prit dès 1145, en raison sans doute de la mauvaise santé de l'abbé, l'initiative de faire écrire sa Vie.


Moreana ◽  
2003 ◽  
Vol 40 (Number 153- (1-2) ◽  
pp. 143-158
Author(s):  
Marie-Claire Phélippeau
Keyword(s):  

L’article a pour but de décrire l’œuvre de More : The Last Things, à l’occasion de sa première traduction en français. Il analyse les différentes caractéristiques du traité et en rattache la filiation au Moyen Age, par certains aspects, et à la Renaissance par certains autres. L’originalité de More est mise en évidence : elle réside à la fois dans la forte cohérence du discours, dans son éloquence avérée, ainsi que dans le caractère pastoral de l’œuvre.


Sign in / Sign up

Export Citation Format

Share Document